Mots dits

Partager les mots pour oublier mes maux...

08 juillet 2008

Lassitude

Lassitude: Sentiment de brisement et d'impossibilité d'agir que l'on éprouve après un travail excessif de corps ou d'esprit.

J'hésitais entre fatigue et lassitude pour définir mon état depuis quelques semaines. Je crois que c'est lassitude qui convient le mieux. Mon esprit ne se repose plus. J'ai beau chercher la touche off: elle a disparu.
Je m'assoupis 5 minutes et les pensées les plus fantasques me surprennent jusque dans mon sommeil.
En revanche, je ne me lasse pas de vous,
Je ne me lasse pas qu'il m'enlace,
Je suis juste lasse, hélas.

Il faudrait que je me délasse.

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Tamara de Lempicka-Lassitude

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La mer monte (part 53)

Martin

 

Y’a des jours où je me demande ce que je fiche ici, où je ne me souviens même pas pourquoi je suis venu. Aujourd’hui est un jour comme ceux-là. Je suis venu parce que je tombais amoureux de Petra, parce qu’aussi le chalutier de mes collègues avait coulé, parce qu’ici ça ressemblait à un refuge sur par rapport aux évènements qui doivent arriver et auxquels je crois maintenant. L’arrivée d’Eléonore renforça mon sentiment d’être en famille. Le problème c’est Petra. Je me demande bien dans quel guêpier je me suis fourré en tombant amoureux de cette fille. Vraiment, je me demande. J’ai le sentiment que ma présence est devenue indésirable pour Petra voire que parfois je la gêne au plus haut point. En même temps elle ne dit rien, je crois qu’elle est suffisamment intelligente pour avoir compris que ma présence offrait un alibi face à son attrait de plus en plus puissant envers Isée. Est-ce que Isée et Philippe aurait gardé Petra plus longtemps si je n’étais pas là ? Isée n’aurait elle pas eu trop peu pour supporter l’amour grandissant de Petra. Ma consolation est de voir Eléonore heureuse enfin presque heureuse. J’ai compris que je l’avais sous estimée, Eléonore n’était pas insensible comme je pouvais l’imaginer, c’était juste que je n’étais pas celui qui fallait pour exacerber cette sensibilité. Je n’arrivais pas à la comprendre et donc à l’aimer. C’est là que je me dis que je suis vraiment barré, parce que si je suis incapable de comprendre une fille comme Eléonore, comment pourrai-je prétendre comprendre une fille comme Petra. Je ne pourrais pas dire que c’est parce que je sentais qu’Eléonore ne m’aimerait jamais vraiment que je ne parvenais pas non plus à l’aimer et encore moins à la comprendre. Je ne suis pas convaincu que Petra m’aime plus un jour. Je ne sais même pas si Petra est capable d’aimer autrement que dans l’excès et la folie. Elle m’effraye de plus en plus. Nous n’avons encore jamais fait l’amour. Ca a bien failli une fois mais elle m’a repoussé au dernier moment et depuis me repousse bien avant que je tente le moindre rapprochement physique. On dirait que ça la dégoûte qu’on puisse la toucher. J’ai conscience de ne rien partager avec cette fille. Je me demande même ce qui peut bien me retenir excepté l’attrait physique que je peux ressentir. Parfois je me dis que c’est peut-être ça le drame. Si je couchais ne serai-ce qu’une fois avec Petra et bien peut-être que ce trouble s’en irait aussi bêtement qu’il est venu, comme un caprice que j’aurais satisfait. Ce ne serait pas la première fois que cela arriverait d’ailleurs.

 

Hier pendant la soirée, l’orage était palpable par les milliers de petites tensions qui régnaient dans la pièce. Si Petra quittait cette maison, un bon deux tiers de ces tensions disparaitraient instantanément. Mais si Petra quittait cette maison, je n’aurais plus rien à y faire. Si je me suis installée là pour Petra, je ne suis pas sure d’y rester à cause d’elle. Me retrouver parmi Eléonore, Isée et Philippe, j’apprécie. Je les aime beaucoup tous les trois. Si j’ai pu choisir Eléonore à une époque de ma vie, je n’ai pas vraiment choisi de rencontrer Philippe et Isée et chaque jour j’apprends à les apprécier davantage. J’apprécie la douceur et la sagesse d’Isée, sa gentillesse aussi. Je comprends que la folie de Petra puisse se raccrocher à elle mais je ne comprends pas que Petra refuse de se faire soigner. Elle semble remplacer une psychose par une autre. Philippe, je le connaissais à travers Eléonore. J’en ai été jaloux longtemps et puis je l’ai rencontré et toute trace de jalousie est partie. Ils semblent tellement fait l’un pour l’autre qu’en être jaloux serait idiot. Quand on les voit on se dit juste que l’amour existe et qu’il ne nous reste plus qu’à essayer de trouver la même chose.

 

Parfois je me sens prêt à remuer des montagnes, je me sens capable de combattre le tsunami à moi seul et puis je me fais jeter par Petra et je me dis que je ne suis même pas fichu de conquérir une femme. Au début, j’ai cru qu’on arriverait à quelque chose Petra et moi. Elle ne me rejetait pas, paraissait même heureuse de mes visites régulières. On pouvait discuter pendant des heures. Elle m’a beaucoup parlé de son enfance, de son horreur du sang et de la viande, de ses parents qu’elle juge durement. Elle m’a parlé de son anorexie, de son histoire avec le frère d’Eléonore. Elle m’a également parlé de son addiction à l’ecstasy. Je pensais vraiment qu’elle se livrait parce qu’elle était amoureuse. Je crois que je me suis trompé. Petra était en position de faiblesse à ce moment et elle s’est laissée aller. Plus elle reprend des forces physiques, plus sa force mentale semble l’abandonner. Enfin non ce n’est pas exact, Petra a la force mentale de lutter contre ce qui pourrait lui faire du bien. Non pas que je crois être si supérieur pour lui apporter un bien fou mais je crois seulement qu’aimer ne peut être que bénéfique. Petra n’aime pas, elle adore, elle vénère, elle porte aux nues. Elle semble incapable de maitriser cette exubérance des sentiments, ce foisonnement de passions. Elle me fait peur et m’attire à la fois. J’ai peur de tomber dans son gouffre, de la suivre dans sa folie. Elle a le même effet sur moi que pourrait avoir la drogue ou l’alcool sur d’autres personnes. Elle m’attire malgré la destruction qui en jaillira. Elle m’attise et je vais me consumer pour elle.

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07 juillet 2008

La mer monte PDF

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La mer monte (suite part 52)

Je proposai à Eléonore une promenade à la plage. Elle venait de se doucher et était prête à partir. L’électricité n’était toujours pas rétablie et nous n’avions pas d’eau chaude. Eléonore m’expliqua brièvement que Petra en avait fait un drame et qu’Isée et Martin essayaient de la calmer.

 

- Prendre l’air me fera du bien.

 

Sur le chemin, nous aperçûmes les dégâts causés par l’orage. Ils étaient nombreux. Un vieux chêne centenaire que j’admirais toujours sur le trajet avait été foudroyé. Le paysage n’était que tristesse et désolation. A un endroit, les pompiers nous firent prendre une déviation. Les chutes d’eau avaient engendré des coulées de boue. Des voitures étaient restées noyées sur la route.

 

- Le hameau plus bas est sous l’eau, nous renseigna un pompier. Toutes les maisons sont inondées et nous sommes obligées d’évacuer les gens.

 

Nous sommes restés muets jusqu’à la plage. Nous avons marché longtemps, nous tenant  la main. Un rayon de soleil éclairait les yeux d’Eléonore au moment où je m’arrêtai de marcher pour la contempler. Elle approcha son visage du mien et m’embrassa. Eléonore ramassa quelques galets. Je n’eus pas le courage de trier les bois flottéss parmi les morceaux d’épave du chalutier échoué la semaine dernière. Nous finîmes tout naturellement notre promenade par une visite au marchand de glaces. Il était là, fidèle au poste. Je savais qu’Isée lui avait rendu visite l’autre jour mais Isée ne m’avait pas donné beaucoup de détails sur cette rencontre. C’était dans l’espoir d’en avoir plus que j’avais été le voir l’autre jour mais à peine arrivé, il m’avait parlé d’Eléonore qui n’avait pas bougé de la maison depuis un long moment. Nous en étions restés là. «  Félicitations », fut le premier mot qu’il prononça. Je pensai aussitôt à l’éventuel enfant que portait Eléonore. Celle-ci ne comprit pas tout de suite.

 

- Merci mais félicitations pour quoi ?

- Pour le bébé.

- Mais comment pouvez vous savoir que je suis enceinte. Nous ne le savons même pas nous même.

- Ça se voit.

 

Eléonore haussa les épaules puis éclata de rire.

 

- Vous êtes vraiment incroyable. A propos comment avez-vous su que Philippe et moi nous connaissions.

- Ce n’est pas de la voyance. Je n’ai aucun don dans ce domaine contrairement à votre amoureux ou votre belle-mère. Je suis juste très intuitif et observateur. Cela fait des années que je suis dans le coin et je vous ai vu ensemble, il y a quelques années.

- J’imaginais une explication beaucoup plus extraordinaire que ça. Et pour l’enfant, comment le savez-vous ? Nous n’en sommes pas certains nous-mêmes.

- C’est la délicatesse avec laquelle Philippe vous soutient comme si vous portiez quelque chose de très précieux et comme vous ne portez pas de vase de la dynastie Ming avec vous, je me suis dit que vous portiez son enfant.

 

Eléonore parut se satisfaire des explications de Fabrice. Celui-ci m’interrogea sur l’état d’avancement de la propagation de la nouvelle.

 

- Ca n’avance pas dur. J’ai vraiment du mal à me faire entendre.

- Croyez vous que la météo aura les données suffisamment tôt pour avertir la population.

- Ils le sauront je pense entre 12h et 24h à l’avance. Si eux sont pris au sérieux, on pourra sauver tout le monde mais rien n’est moins sur. Les gens auront la tête dans les suffrages et le gouvernement risque de ne pas prendre l’affaire au sérieux.

- Reste plus qu’à espérer alors.

- Oui.


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05 juillet 2008

Souvenir

J'ai huit ans. Je crois en Dieu comme je crois au père noël ou aux histoires de princesses que l'on me raconte et que je peux lire seule maintenant. Je crois en Dieu un peu par accident. Je suis dans une école privée catholique un peu par hasard, c'est plus facile par rapport au travail de ma mère. Dans cette école on vous apprend le petit Jésus comme une belle histoire et j'ai envie d'y croire. Nous habitons un tout petit village où il n'y a presque plus d'enfants mais toujours des vieux qui vont à la messe le dimanche. Le curé vient chez mes parents un soir. Il a appris que je recevais une éducation de bonne petite catholique à l'école et propoe à mes parents de faire de moi une enfant de chœur. Mes parents n'oseront pas refuser. Ils sont nouveau dans ce village de normands méfiants et feraient un peu n'importe quoi pour y être accepté, y compris sacrifier leur fille à l'autel de Dieu. Je serai donc enfant de choeur., la première fille de la paroisse me dit-on! Ca m'ennuie un peu cette messe le dimanche, je n'y comprends rien. Le village est si petit que ce sont les curés des villages à côté qui viennent à tour de rôle. Ils sont deux: il y en a que j'aime beaucoup, l'autre pas du tout.
Un jour, je regarde un documentaire sur Ste Thérèse à la télé. Je suis fascinée et demande à mes parents de m'emmener à Lisieux. Pas contrariants, ils m'y emmènent le lendemain. Je contemple émerveillée les lieux où a vécu celle qui faisait pleuvoir des pétales de roses. Une vieille dame me caresse le cheveux me disant que je ressemble à Ste Thérèse. Je suis si fière.  Je repars avec une statuette en plastique phosphorescente de Ste Thérèse du meilleur goût.
Je m'endors le soir, bienheureuse et confiante. Je me réveille. J'ouvre les yeux, il fait noir. Puis je distingue une forme blanche au fond de ma chambre. Je referme les yeux vite. J'ai un peu peur. J'attends un peu puis les ouvre de nouveau, elle est toujours là, la forme blanche. On dirait la Vierge qui est apparue à Bernadette Soubirou. Je referme les yeux en tremblant. Je repense à toutes ces histoires qu'on m'a racontées. Et j'ai bien remarqué une chose: quand la sainte vierge vous apparait, vous n'avez plus trop le choix. Il vous faut devenir religieuse, nonne, bonnesoeur quoi! C'est que ça ne me tente pas trop moi. Je ferme les yeux de toutes mes forces pour ne plus voir la Vierge qui a choisi de m'apparaitre. Je n'ai pas demandé à être élue . Et puis je ne suis pas si sage que ça, je fais des bêtises aussi et je pique des colères et je ne range pas ma chambre. Ce n'est quand même pas de ma faute si je ressemble à te Thérèse. J'ai pas envie de mourir jeune sans jamais avoir eu d'amoureux autre que Jésus. J'ai envie d'un vrai amoureux qui m'embrasse, me chérisse., me murmure des mots doux.. Je ne veux pas être une sainte. C'est bon, je sais: je ne suis pas obligée de dire qu'elle m'apparait la Vierge. Elle finira bien par se lasser si je ne le raconte à personne. Je referme le yeux comme ça je ne la verrai plus et personne n'en saura rien.
Quand le jour se lève enfin, j'aperçois grâce aux rayons de soleil qui se faufilent au travers mes volets Ste Thérèse qui me contemple depuis mon bureau, là où la Ste Vierge est apparue cette nuit.

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Ste Thérèse enfant.

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La mer monte (suite part 51)

Philippe

 

A la vue du bébé dessiné par Eléonore, je devinai qu’elle était enceinte. On avait mis une telle ferveur à s’unir la nuit dernière qu’un enfant devait forcément en naitre. Malgré le chaos qui régnait dans nos vies, j’en étais heureux. Je venais à peine de retrouver Eléonore mais je savais que nous nous étions retrouvés pour de bon, que notre histoire avait juste été mise entre parenthèses quelques années. J’étais vraiment heureux à l’idée d’être papa et j’avais tellement besoin d’un peu de bonheur, que je me serais refusé à croire quiconque m’aurait dit qu’Eléonore n’était pas enceinte. Eléonore semblait un peu perdue, n’y croyant pas vraiment encore. Je savais qu’elle était ainsi, qu’elle n’adhérait pas toujours de suite à une idée mais que ça finissait par venir. Elle ne semblait pas hostile non plus à l’idée de devenir mère, juste un peu surprise. J’avais hâte de l’annoncer à Isée même s’il était trop tôt encore.

 

Vivre à cinq dans cette maison n’était pas sans bouleverser quelque peu ma vie solitaire et routinière. Il y avait d’abord eu Isée qui était ici chez elle autant que moi mais qui désertait la maison depuis quelques années. Isée avait recueilli Petra. Je ne l’avais pas vu pendant plusieurs jours puis elle s’était enhardie à descendre de plus en plus souvent. Elle m’observait le plus souvent silencieusement quand je travaillais à l’atelier. Pendant un temps, elle sembla aller un peu mieux mais j’avais l’impression que depuis quelques temps, elle avait délaissé ses vieux démons pour d’autres. Elle ne lâchait pas ma mère d’une semelle, semblait lui vouer une admiration sans failles. Ma mère est merveilleuse mais cette adoration dont elle était l’objet me mettait mal à l’aise. Je sentais croitre en Petra une jalousie féroce. Elle surveillait chacun de nos faits et geste envers Isée et chacun de ceux d’Isée envers nous. Nous en venions parfois à nous cacher d’elle pour des choses anodines. Je me demandais comment Isée se dépêtrerait de Petra, celle-ci ne pouvant vivre indéfiniment en compagnie de ma mère. J’aurais pensé que la présence de Martin rééquilibrerait la violente passion que Petra vouait à ma mère, mais ça n’avait pas été le cas. Martin me paraissait terriblement seul avec son amour pour Petra, seul et impuissant. Il s’était installé ici pour elle et elle en avait paru heureuse un moment. Depuis quelques jours Martin ne recevait guère que de l’indifférence de Petra. Cette situation attristait Eléonore. Son histoire avec Martin était encore toute fraîche et elle ressentait une amitié sincère pour lui. Elle n’aimait pas le voir malheureux. Eléonore était revenue dans ma vie. Elle avait été la femme que j’avais le plus aimé et la seule que je n’avais jamais pu oublier. Je m’inquiétais pour elle depuis que je l’avais vu avec son client Norbert. Elle avait vraiment semblée émue par les catastrophes annoncées, se sentant incapable de lutter. C’était la première fois qu’Eléonore manifestait une réelle faiblesse, je l’avais toujours connue forte et indépendante. Notre ancienne complicité était restée intacte. Nous reprenions plaisir à travailler dans un même endroit. Eléonore avait muri dans son travail. Je trouvais ses toiles d’une grande profondeur. Je savais qu’elle prendrait un nouveau virage après tous ces évènements.

 

Je suis dans l’étable avec ma seule et unique vache qui s’appelle Petra. C’est par pure coïncidence qu’elle s’appelle ainsi. J’ai eu ma vache bien avant de connaitre Petra. Cette pauvre Petra est enfermée presque tous les jours tant le temps est épouvantable. Je profite des rares éclaircies pour la lâcher dans le champ derrière mais cela ne dure pas longtemps, jamais assez en tous les cas. Elle ne donne plus beaucoup de lait manquant cruellement d’herbe fraîche. J’ai tout mis en œuvre pour que le jour du raz de marée, elle soit autant en sécurité que nous. J’emmène Petra dans le champ derrière, il ne pleut pas. J’aperçois à une fenêtre de la maison,

la Petra

humaine qui m’observe, enfin humaine si on veut. Je repense amusée, à la moue de dégoût lorsqu’elle a appris que ma vache portait le même nom qu’elle. Nous lui avons expliqué que c’était le fruit du hasard, elle a semblé trouver cela du plus mauvais goût qui soit.

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04 juillet 2008

Cauchemar...

Au petit matin, j'ai rêvé que l'amoureux m'envoyait une vidéo (il en envoie souvent) où il était avec son ex. Il me fait coucou puis se couche dans un lit avec son ex. Ils sont tous les deux nus et extrêmement poilus, surtout l'ex d'ailleurs. Et puis là la poitrine de l'ex s'ouvre (très proprement, pas la moindre goutte de sang) et on lui insère des seins en silicone et le tout se referme. Dans mon rêve, je me demande pourquoi il m'envoie cette vidéo, du coup je lui balance mon portable à la tête qu'il reçoit comme s'il était à côté de moi et il me jette le sien à son tour. Voilà...
Je me suis réveillée de mauvaise humeur et vaguement fâchée après l'amoureux sans savoir pourquoi. Puis je me suis rappelée ce cauchemar et j'ai réalisé que ce n'était pas la réalité.

Je me demande bien ce que Freud aurait pensé de ce rêve?

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La mer monte (suite part 50)

Je me levai en même temps que Philippe pendant qu’Isée soufflait un peu. Nous achevâmes le repas et nous mîmes la table. Petra se leva du canapé où elle était assise pour rejoindre Isée sur l’autre en face. Je notais avec tristesse le regard malheureux de Martin. Il se sentait impuissant face mal-être de Petra. Le repas fut silencieux et tendu. L’électricité venue de l’extérieur hantait nos corps hérissés. Martin monta se coucher le premier, seul. Petra incapable de se détacher d’Isée, ne lui adressa qu’un regard furtif et indifférent. J’avais envie de monter le voir pour le soulager mais Philippe nécessitait aussi ma présence. Isée fut la seconde à manifester sa fatigue. Philippe et moi venions de terminer de tout ranger. On avait même fait chauffer l’eau pour faire la vaisselle. Isée nous embrassa tous les trois et monta se coucher à son tour. Petra n’attendit pas cinq minutes pour monter. Notre présence ne l’intéressait pas, l’indisposait sans doute. Philippe proposa de faire un feu dans l’atelier. Il n’avait pas envie de se coucher. Je terminais ici en passant un coup de balai, puis je le rejoignais. Le crépitement et la lueur du feu étaient étouffés par les grondements et les éclairs de l’orage qui n’avait toujours pas cessé et qui s’était même encore amplifié. Mes toiles et les sculptures de Philippe prenaient une dimension fantasmagorique dans cette atmosphère violente et douce à la fois. Philippe contemplait la statuette de Mafalda. Les éclairs éclairaient le visage de la statuette qui semblait en colère. Je me blottis contre Philippe, il me prit dans ses bras. Nous fîmes l’amour avec ferveur et passion sous les yeux redevenus bienveillants de Mafalda et avec la bénédiction du ciel redevenu subitement calme.

 

Je me réveillai à l’aube. Nous nous étions endormis sur le canapé de l’atelier après avoir trainé nos corps emmêlés dans tout l’atelier. Philippe dormait profondément. J’avais envie de dessiner. Je pris le carnet de croquis que j’avais laissé sur une table, je ranimais le feu mourant et je me réinstallais au côté de Philippe pour dessiner. Je laissais ma main dessiner  de façon automatique sans vraiment en avoir conscience. Philippe commençait à s’agiter un peu. Il se réveilla doucement. Tandis que je lui souriais, il prit mon carnet des mains pour observer ce que je dessinais. Il l’approcha plus près de ses yeux comme pour mieux observer un détail.

 

- Tu dessines des bébés ?

 

Je repris mon carnet de croquis pour examiner mes propres dessins. En effet à deux reprises j’avais dessiné un bébé par deux fois, le même, sans même m’en rendre compte. Ils étaient tès beau.

 

- Ben oui, visiblement.

- Tu veux dire que tu ne t’en étais pas aperçue.

- Ben non, c’est venu comme ça.

 

Philippe observa encore une fois mes dessins puis me regarda.

 

- T’es pas enceinte ?

- Tu crois que je dessine des bébés parce que je suis enceinte ?

- Pourquoi pas. Ton corps aurait annoncé à ton cerveau que tu étais enceinte et celui te l’annonce par le biais de ce dessin.

 

J’éclatai de rire.

 

- T’es pas sérieux Philippe ?

- Si. Je me sens père ce matin. Tu prends toujours la pilule.

 

Je songeai soudain qu’effectivement j’avais du oublier de la prendre à plusieurs reprises ces derniers jours et notamment hier soir.

 

- Euh presque.

 

Ce fut au tour de Philippe d’éclater de rire.

 

- Tu crois vraiment que je suis enceinte ?

- Je crois qu’on a pu faire un enfant hier soir.

- Merde alors !

- Ça ne te plairait pas ?

 

J’hésitai un moment.

 

- Je ne sais pas. Je n’y ai pas trop pensé encore.

- Et toi ?

- Si c’est une fille, on l’appelle Philomène.

- Tu crois qu’on peut le savoir maintenant ?

- A mon avis, il nous faudra un peu de patience. C’est trop tôt.


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02 juillet 2008

Jardin

Elle est cachée derrière les hauts murs de vieilles pierres gourmandes de soleil. La lourde porte s'est refermée ne laissant deviner de la ville que la rumeur des voitures qui passent. A l'ombre du jardin, elle s'énivre de l'odeur du jasmin et des roses qui se mêle à la senteur moite de l'humidité des plantes tapies dans l'ombre. Les fleurs roses, mauves et blanches sont des étoiles dans la verdure. Des jardins magiques, elle n'en connait pas tant. Celui-ci est si secret, dissimulé au coeur de la ville. Sa présence ,que les autres ne peuvent deviner l'enchante. Elle laisse un rayon de soleil jouer avec sa peau, amant d'un instant. Elle se lève, furète, découvre une fraise des bois, puis d'autres...

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01 juillet 2008

Les petits mots.

Quand je rentre à la maison, j'en remarque un sur la table, un petit mot, un petit mot doux de mon Pierre qu'il a laissé avant d' aller chez son père. Et puis y'en a un autre dans la salle de bain et puis sur le lit aussi. Cet enfant aime semer ces petits mots qui réchauffent le coeur. La première fois que j'étais partie à Paris rejoindre l'amoureux, il en avait tapissé la maison. Quand je m'endors parfois devant la télé, il en dépose un sur le lit avant de se coucher me souhaitant une bonne nuit sans me réveiller.

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