Mots dits

Partager les mots pour oublier mes maux...

09 novembre 2009

D'un ballon à l'autre

L'autre jour sur la plage j'ai vu ce ballon

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et il m'a rappelé cet autre ballon

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Photo tiré du film "Le Ballon Rouge", 1956

C'est dans le grenier que j'avais trouvé le livre "Le Ballon rouge" tiré du film du même nom. Je ne sais pas combien de fois j'ai pu le regarder ce livre. Il avait été au père de mes frères, s'était retrouvé dans notre grenier je ne sais pas comment. J'ai grandi, l'ai donné à mon neveu parce que c'était le livre de son grand-père. Ca m'avait bien un peu déchiré le cœur de m'en séparer même si j'étais déjà bien grande. Et puis ce ballon bleu sur la plage, à moitié dégonflé qui se soulevait péniblement, blessé qu'il était m'a donné envie de relire ce livre. Magie d'internet, j'ai cherché et je me suis procurée le film que je n'avais jamais vu. Un petit moment de poésie que j'ai d'abord regardée seule, puis avec l'amoureux hier. En lui montrant, j'ai eu peur que ce film ne lui plaise pas. J'aurais été si déçue. Il a été ému le Phil Amant, très ému même devant la poésie du ballon rouge et j'en ai été fort heureuse.

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05 novembre 2009

C'est beau une chape qui coule.

J'en bouffe du chantier en ce moment, j'y vais, j'enfonce les bottes dans la boue et j'avance sous la pluie le plus souvent.

Les chantiers, je préfère quand c'est pas trop terminé encore, quand c'est le chantier quoi. J'aime les amoncèlements de matériaux, le carrelage tout frais, l'escalier qui mène à rien, les tuyaux alus qui brillent, les ouvertures de fenêtres sans fenêtres.
J'aime bien voir les gars se crêper le chignon sur le chantier, ben oui, ils se crêpent le chignon comme les filles faut pas croire.
Ce matin, je les regardais couler la chape, c'était beau, puis après elle brillait comme une patinoire.
Y'a des gars qui ont plutôt l'air content de voir une fille sur le chantier, ils sont tout doux, tout gentils et puis y'a les autres qui n'aiment pas trop, qui baissent les yeux en disant bonjour et passent vite leur chemin.

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03 novembre 2009

Devinette

La Pierre précieuse a découvert ce week-end son nouveau sport préféré. Un cadeau à celui qui devinera de quel sport il s'agit.

PS: la famille n'a pas le droit de participer.

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02 novembre 2009

La photo

Elle m'a montrée une photo, une photo d'eux il y a longtemps quand les enfants n'étaient que des bébés. J'ai preque été étonnée de ne rien lire sur leurs visages lisses de leur avenir. On ne devine ni l'anorexie, ni l'alcool qui viendront la troubler, ils paraissent si sages.
Je lui préfère son visage d'aujourd'hui, un visage plus affirmé, plus intéressant. Je ne les aurais reconnus ni l'un, ni l'autre. Je n'aurais peut-être même pas eu envie de leur parler.

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01 novembre 2009

De la perfidie

La petite phrase perfide qu'on vous dit, celle qui s'insinue en vous, fait mal parfois. Quand j'entends une petite phrase perfide, je me demande toujours si elle a été dite volontairement ou pas et si elle n'est pas volontaire, est-ce un lapsus qui révèle la pensée profonde de celui qui vient de la dire, ou bien juste une maladresse assortie d'un zeste de bêtise?

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29 octobre 2009

Histoires de chats.

Mardi soir en sortant de chez une amie, Nuage attendait en bas de l'immeuble. Il me semblait bien qu'il vadrouillat loin ce chat. Il avait faim. Il a toujours faim, vide la gamelle de Capucine puis s'en va.
Mercredi matin, pas de Capucine à la porte. J'étais étonnée, elle n'est jamais très loin. Une heure plus tard, j'ai appelé de nouveau, elle n'était toujours pas là. Je suis sortie, nus pieds dans la douceur de l'automne, Nuage qui dormait près des passiflores s'est réveillé, est rentré manger. Je lui ai demandé où était sa copine, pas de réponse.
La pernicieuse inquiétude s'installe alors avec lourdeur. La Pierre précieuse rentre ce soir et si son chat n'est pas là...
Je vais boire un café en longeant la mer, les yeux s'égare au loin cherchant le chat. A midi quand je rentre, toujours pas de chat. Je n'aime pas ça, puis deux minutes après un miaulement impérieux à la porte. Elle ne mange pas, ronronne. Je la prends dans mes bras, elle sent un parfum de femme.
Irait-elle dormir chez Nuage puisque lui ne se gêne pas pour venir chez elle?
Enfin la Pomponnette est de retour, nous ne lui demanderons pas d'explications.

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27 octobre 2009

J'aime le noir et alors?

Une fois n'est pas coutume, je vais parler mode sur ce blog.
J'ai lu ici et là que cet hiver voyait le grand retour du noir. C'est plutôt chouette parce que le noir c'est ce que je préfère, en plus je ne m'en lasse pas. Bon c'est juste casse pieds de trouver le bon pull noir dans une pile de pulls noirs dans mon armoire le matin quand je ne suis pas réveillée. Alors, souvent j'entends des réflexions: " Ah t'es encore habillée en noir...", " C'est pas compliqué pour toi de t'habiller, t'es toujours en noir", moins maintenant, c'était surtout quand je travaillais avec des filles qui aimaient le rose et le bleu ciel.
Déjà, je ne suis pas toujours en noir, juste souvent et puis si, c'est très compliqué parce que je fais très attention aux formes et aux matières. Aujourd'hui par exemple, j'ai une jupette noire en soie froissée et un pull tout doux en coton, puis une veste en laine bouillie.
Ce week-end j'ai vu l'expo Soulages à Pompidou et là, j'ai tout compris sur mon goût du noir. Le noir fait ressortir la lumière et met en valeur les formes et la matière. Le prochain qui me fait une réflexion, je lui rétorque: "Si je m'habille en noir c'est pour faire ressortir la lumière qui est en moi".
Bon comme ce n'est pas tout à fait un blog de mode, au lieu de vous photographier ma tenue, je vous mets une photo d'une toile de Pierre Soulages.

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26 octobre 2009

La boulangère des Lilas.

Je ne peux pas vous parler du poinçonneur, y'en a plus et ça a déjà été fait. En bas de l'immeuble de l'amoureux, une boulangerie. Rien d'extraordinaire, sauf que dans cette boulangerie, je n'ai jamais gouté un pain digne de ce nom. Elle était auparavant tenue par une cohorte d'hommes jeunes que je ne distinguais pas toujours les uns des autres, plustôt sympathiques mais qui ne connaissaient à l'évidence rien au pain. Nous prenions toutefois garde à ne pas les vexer et rentrions en planquant la baguette achetée à la boulangerie près du métro. Puis ils ont vendu, sans nous prévenir (c'était bien la peine d'essayer de ne pas les froisser). J'ai repris espoir, peut-être que le pain serait bon dorénavant. J'ai croisé le nouveau boulanger avant qu'il n'ouvre. Il avait regardé le pain que j'avais à la main et m'avait annoncé qu'il ouvrait le lendemain. Il me parut sympathique et j'étais prête de lui accorder toute ma confiance. Je n'y suis pas allée le lendemain puisque j'avais regagné la côte et son pain frais quand il y en a ( parce qu'ici si il n'y a plus de pains à midi, on s'entend dire qu'ils n'en referont pas! enfin, c'est pour la période non touristique, quand ils ont déjà gagné beaucoup!). C'est seulement quand je suis retournée au Lilas que j'ai découvert la boulangère.
Je l'ai d'abord vue de dos à travers le store, une blonde. Ça va changer, me suis-je dit. Chez les anciens, nous n'avions jamais vu la moindre femme.
Puis je suis rentrée le lendemain. La boulangère est effrayante. Elle a les cheveux délicatement teints en blond "pouf", vous savez ce blond qui n'est pas blond et qu'aucun être humain n'a naturellement sur le crâne, non le vrai blond "pouf", limite blanc mais avec quand même le reflet jaunâtre. Que dire du maquillage? Un fond de teint qui lui donne un teint aussi blanc que la mie du pain qu'ils vendent, à croire qu'elle immerge sa tête dans le sac de farine, du violet autour des yeux, sur toute la paupière et peut-être même au-dessus des sourcils. Un rouge à lèvres sur son immense bouche, qui n'est pas sans rappeler la couleur de leurs fraisiers. Elle avait de plus rassemblé son opulente chevelure brûlée par différentes essais de teinture en une ravissante couette juste d'un côté. Quand je suis entrée, elle expliquait à une patiente venue chercher un gâteau d'anniversaire à la dernière minute que si elle l'avait prévenue, elle aurait décoré le gâteau. Je crois que le femme fut soulagée parce qu'un gâteau maquillé comme la boulangère risquait de filer des cauchemars au pauvre enfant à qui il était destiné.
Cela dit, elle est plutôt gentille cette boulangère et vaut mieux la voir boulangère qu'esthéticienne ou coiffeuse. J'ai pensé à Pagnol et Raimu et j'espère que si elle s'enfuit avec un berger (assez improbable au Lilas), le boulanger n'espèrera pas son retour.
Et puis je vous mets cette tirade parce que je l'adore:

"Ah ! Te voilà, toi ? Regarde, la voilà la Pomponnette... Garce, salope, ordure, c'est maintenant que tu reviens ? Et le pauvre Pompon, dis, qui s'est fait un mauvais sang d'encre pendant ces trois jours ! Il tournait, il virait, il cherchait dans tous les coins... Plus malheureux qu'une pierre, il était... Et elle, pendant ce temps-là avec son chat de gouttières... Un inconnu, un bon à rien... Un passant du clair de lune... qu'est-ce qu'il avait, dis, de plus que lui ?"

Ah j'oubliais, le pain est toujours aussi mauvais.

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22 octobre 2009

Comment je n'ai pas oublié que je n'étais plus si jeune.

Bon c'est vrai, je n'avais pas très envie d'y aller dès qu'on m'en a parlé de cette soirée et de ce semi concert privé dans un appart inconnu. Bon c'est vrai aussi que j'avais envie de l'entendre chanter la nouvelle copine  de ce pote. Mais j'aurais bien attendu le 28 novembre où elle se produira sur une vraie scène. Enfin, Phil Amant bosse le 28 novembre et il voulait entendre. Déjà un appart au-dessus de ce bar que je n'aimais déjà pas à 18 ans, ça ne m'inspire guère. J'y vais. Ah changement de programme, ce n'est plus dans l'appart du premier mais dans celui du second. Bon très bien, je ne suis plus à un étage près.
Pouah ce monde, entassé debout, posé dans la fumée. Nous n'allons pas tous rentrer dans cet appart, c'est impossible.
Ben si, ça pousse. Moyenne d'âge? Bof j'en sais rien, 25 peut-être, peut-être moins. Y'a tellement de fumée que je crains qu'un de mes poumons s'arrête là d'un coup, un genre de grève quoi. Je vois bien mes poumons me balancer un truc genre: on fait la grève ou on crève, alors choisis! Ah ici on boit le whisky au goulot qu'on torche à l'aide de sa manche. J'aime pas le whisky de toute façon. J'ai une bouteille de lait dans mon sac, j'ai pensé à en acheter pour le petit dej de demain juste avant de venir. Je pourrais peut-être la faire tourner voir... Je songe émue, au carton de 6 bouteilles de rouge bio 1998 dans mon coffre. Dans le coin cuisine, des toilettes... qui servent de poubelle. Le chat de la maison, aussi enchanté que moi de la situation, refuse de quitter la minuscule scène, seul endroit un peu dégagé. Heureux animal. Des carrés de moquette crasseuse sont à notre disposition pour s'asseoir. Certes, c'est moins froid que le carrelage. Ah encore du monde qui rentre, des journalistes avec des caméras énormes. Je me pousse et me retrouve le cul sur le carrelage. J'ai perdu Phil Amant du côté des toilettes-poubelles.
Avant de commencer, l'hôte _ je dirais qu'il a mon âge_ nous demande de ne pas aller par deux aux toilettes parce que le plancher n'est pas solide et que nous risquerions de passer au travers!
Et puis tous ces gens qui continuent de rentrer, on dirait que ça ne s'interrompera jamais.
Bon, on écoute la jolie chanteuse. On ne restera pas pour le second concert, faut pas demander l'impossible. Puis j'ai faim et Phil Amant a acheté des St Jacques fraiches.
Ah c'est plus de mon âge ces soirées, enfin pour être honnête à 20 ans, ce n'était déjà plus de mon âge. Je vais filer le relais à la Pierre précieuse mais je ne suis pas certaine que ça lui plaise beaucoup non plus.

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20 octobre 2009

Hier est le même jour que demain... *

Une ancienne école des beaux arts vétuste et désaffectée, de lourdes portes, des serrures qui grincent, un escalier en bois qui craque, une grande salle sous les combles, un papillon qui tape à la fenêtre du toit, une comédienne qui se change dans la poussière.
Juste deux spectateurs et le papillon et la comédienne. Juste deux spectateurs et une seule chaise. Je m'assieds sur le plancher et sa poussière, le dos contre la porte.
Elle nous joue sa pièce qu'elle répète dans le silence de cette école depuis plusieurs semaines. On me l'avait tant de fois racontée sur scène. Je n'y croyais qu'à moitié.  J'ai ri, j'ai pleuré, j'ai frissonné.J'ai entendu les ailes du papillon qui cogne la fenêtre, je l'ai trouvé si belle dans sa robe dorée, puis dans son grand pull aussi. Elle a la peau si dorée, comme ses yeux, comme sa robe de scène.
" Pourquoi ne dit-on pas aux hommes de pleurer, ils ont les trous pour ça aussi". Ce n'est peut-être pas la citation exacte, ce n'est pas grave.
Et puis cette voix grave.

A la fin, elle nous questionne. Il parait qu'on n'a pas tout compris. C'est pas grave, on a aimé. Ca la fait rire mais déjà, elle cherche l'accessoire manquant qui fait qu'un détail nous a échappé sur la fin.

"Et c'était pas trop long?" "Ben non, je ne me suis pas ennuyée."

C'était juste un filage comme ça, pour deux spectateurs derrière lesquels elle a refermé les portes à clés.
J'imagine ses journées dans la solitude de l'école abandonnée, l'enivrement de répéter sa pièce qu'elle a écrite parce qu'au fond on n'est jamais mieux servi que par soi-même.
Commencer à batailler pour trouver un théâtre. Il y a si longtemps qu'elle n'est plus montée sur scène. Les directeurs de théâtre ont changé, pas tous. Sont parfois frileux. Enfin, s'ils avaient vu ce que j'ai vu tout à l'heure...

* c'est la première phrase de la pièce.

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