12 juin 2009
Soirée, l'autre point de vue
Pour Papistache
Je suis nerveuse à l'idée de sortir ce soir, nerveuse à l'idée d'aller à Paris demain. Ces histoires de ville bloquée pour la venue d'Obama m'angoisse. Si Phil Amant n'avait pas insisté pour que je les accompagne à ce concert, je n'y serais pas allée.
- Mais viens, S sera content de te voir et tu verras sa petite salle de concert chez lui. Puis si tu veux rechanter, il faut que tu renoues des contacts. R aussi sera content de te voir. Tu ne l'as jamais vu sur scène. C'est vraiment bien ce qu'ils font.
J'y suis allée, de guerre lasse. L'enfant n'a pas voulu venir. Il grandit j'imagine. Il a dit qu'ils les avait vu récemment avec son père. J'espère qu'il va être à l'heure pour venir, il n'est jamais à l'heure. Qu'est-ce qu'il m'énervait quand on vivait ensemble, et encore aujourd'hui. Il vient avec sa copine. C'est normal, j'imagine. Il a plutôt l'air heureux avec elle, plus qu'avec celle d'avant c'est sur. Elle a eu au moins ce mérite de nous débarrasser de la précédente. A elle je lui ai dit une fois qu'il semblait plus heureux depuis qu'il l'avait rencontrée. Elle est si jeune, enfin pas tant que ça quand même. Je me demande bien ce qu'elle peut connaitre à la vie. Le pire c'est qu'elle a un môme du même âge que le notre. Qui fait des enfants à 20 ans, dites moi? Enfin au moins, elle n'en désire pas particulièrement d'autre.
Pas envie de m'habiller, ni de me coiffer. Je ne me trouve plus assez belle. Les hommes ne se retournent plus comme avant. Alors à quoi bon...
Il arrive. Phil Amant est nerveux. Lui qui conduit si bien se trompe de chemin. Elle se moque de lui, passe sa main dans son cou, la retire comme prise en faute. Déjà l'autre jour au théâtre... Veut-elle me montrer que maintenant il est à elle? C'est pas très délicat je trouve.
Nous arrivons chez S, une immense baraque, des dépendances partout. Dans la voiture qui nous suivait y'a la Pierre précieuse, son fils. Je ne l'avais jamais vu cet enfant qui s'entend si peu avec le notre. C'est stupide. Ils ont le presque le même âge.
Je trouve que le collier de Aude est joli. Je lui dis. En revanche je
ne sais pas comment elle fait pour ne pas grelotter avec ce qu'elle a
sur les épaules, c'est à dire rien. Elle est joliment bronzée, je lui
dis aussi.
Avec angoisse, je m'aperçois que mon portable ne passe pas, celui de Phil Amant oui. Je lui demande d'appeler notre fils.
Le concert commence. Je n'avais jamais vu R sur scène. Il fut un de mes
techniciens quand je chantais encore, un garçon gentil et attentionné.
J'aime beaucoup ce qu'ils font. J'applaudis à la fin du concert et
demande à Phil Amant le disque pour ma fête des mères.
Je pourrais rentrer plus tôt, des personnes me l'ont proposées mais
j'ai envie de rester discuter avec R et S. Je n'aime pas quand Phil
Amant se moque de moi quand je lui demande s'il a rappelé notre fils.
Je n'apprécie pas sa plaisanterie sur les pompiers qui ont la situation
bien en mains. Il m'énerve quand il est comme ça, il m'énerve aussi
quand il n'est pas à l'heure, il m'énerve quand il ne prend pas de
décisions. Remarquez que si nous nous énervions pas un minimum, nous
serions toujours ensemble. Tout ça est finalement normal comme le fait
qu'il ne l'énerve pas encore elle. Je les ai couverts au début où ils
se sont rencontrés, j'ai souvent servi d'alibi à Phil Amant quand il
allait la retrouver et qu'il n'était pas libre. Comme celle de l'époque ne voulait pas entendre parler de moi, il n'y avait aucun risque qu'elle découvre quoi que ce soit.
Je rentre, l'enfant va bien.
Commentaires
Je vous fais une bise sur chaque joue Aude. Merci, j'apprécie. C'est bien. Un diamant a tant de faces à montrer.
très bien la main dans le cou... non mais...! chacun son tour... et puis voilà!
C'est chouette de faire l'effort de se mettre à la place de l'autre. On devrait tous le faire quand on est en conflit avec quelqu'un. Imaginer ce qu'il pense, ce qu'il ressent. C'est faire preuve de beaucoup d'humilité...s'oublier un peu...
j'aime
Le "je" de l'autre, avec Aude qui pointe tout de même...
Une certaine empathie plane sur cette note...
Je crois que tu imagines bien... Maintenant, il ne manque plus que le point de vue de Phil Amant..
Moi aussi j'aime bien.
... excellent ce travail sur les poins de vue ... oui celui de phil amant pourrait être intéressant !!!
Ca me fait pensé à un moment dans Jackie Brown quand la meme scène est vue/tourné sous plusieurs points de vue différent ;)
Papistache! je vous embrasse aussi
Charl: j'aime pas faire ça devant elle
Lili: l'empathie n'est pas toujours évidente
Cartoonita: dificile de m'effacer
Jérémy: j'espère
Tilleul; oui c'est une idée
Valérie: merci
Orchidée: je vais y travailler
Umbre: j'aime bien trouver ça dans les livres aussi
Courageux ce billet...!
Son point de vue à lui sera sans doute le plus difficile à écrire :-)
Bravo !
Je devrais tenter cela avec une personne de ma connaissance dont la présence m'irrite fréquemment ... quoique comprendre ce qui la motive ne m'aide pas toujours à mieux la supporter !
un peu tristoune...
cette histoire, mais la suite n'en sera peut-être que meilleure.
Il m'a fallu qq minutes pour comprendre ; j'avais du louper un commentaire de Papistache dans le précédent billet...
Je l'aurai imaginer un peu plus "stressée" cette dame, mais je ne la connais pas, donc je ne peux pas dire...
Bien !
Maintenant, moi aussi j'attends le troisième point de vue de l'histoire, qui ne doit pas être mal non plus !
J'arrive
presque par hasard sur ton blog, j'ignore donc si ce texte est un "récit", ou une "confession", mais peu importe, c'est fort bien écrit, analysé, rendu visuel jusque dans les détails. Je reviendrai certainement lire la suite. Et je retournerai en arrière...Merci pour ce partage de grande qualité.
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