Mots dits

Partager les mots pour oublier mes maux...

17 novembre 2009

Comme un vol d'étourneaux

Le matin, les étourneaux dans le ciel comme des flocons noirs. Dis tu l'as vue cette neige noire?
Vas-y pleure Carlito, Marguerite ta grand-mère a perdu son dernier pétale ce matin. Ma grand-mère aussi s'appelle Marguerite, c'était leur fête aujourd'hui.
Donne moi les clés, je conduis, juste pour qu'on se perde encore un peu.
Sur l'autoroute,  le camion benne renversé avec ses gravillons noires, comme des flocons qui ne fondent pas. Il a entrainé deux voitures dans sa course folle.
J'ai toujours rêvé de rater un avion qui s'écrase. Ce matin on a raté le camion qui s'était égaré en face. Juste une minute pour nos vies sauves? C'est la minute de ta grand-mère, cette minute qui t'a appris son dernier souffle. Tu vois elle veille encore sur toi, elle n'a pas perdu une minute.
Deux heures bloqués dans la voiture, on regarde les camions rouges s'agiter, on écoute les sirènes hurler, un corps qu'on emmène.
Regarde Carlito, la blonde devant, elle est jolie. C'est peut-être la femme de ta vie. Elle s'approche, tape à notre carreau.
Deux heures dans la voiture à l'arrêt. On écoute Joplin et Noir Désir. Tu sais qu'en ce moment tu es celui avec qui je passe le plus de temps, 10 à 12 h par jour, plus que l'amoureux ou l'enfant, bien plus.
Et si quand tout sera terminé, on allait manger à la mer au lieu de déjeuner avec ces monsieurs aussi ennuyeux que cravatés.
Ta grand-mère reposera dans le cimetière de ce joli port de pêcheurs.
Dis, je t'ai dit que le chat des voisins me suit jusqu' à la mer.
Le dernier battement d'aile de ta grand-mère était  celui d'un papillon.

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09 novembre 2009

D'un ballon à l'autre

L'autre jour sur la plage j'ai vu ce ballon

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et il m'a rappelé cet autre ballon

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Photo tiré du film "Le Ballon Rouge", 1956

C'est dans le grenier que j'avais trouvé le livre "Le Ballon rouge" tiré du film du même nom. Je ne sais pas combien de fois j'ai pu le regarder ce livre. Il avait été au père de mes frères, s'était retrouvé dans notre grenier je ne sais pas comment. J'ai grandi, l'ai donné à mon neveu parce que c'était le livre de son grand-père. Ca m'avait bien un peu déchiré le cœur de m'en séparer même si j'étais déjà bien grande. Et puis ce ballon bleu sur la plage, à moitié dégonflé qui se soulevait péniblement, blessé qu'il était m'a donné envie de relire ce livre. Magie d'internet, j'ai cherché et je me suis procurée le film que je n'avais jamais vu. Un petit moment de poésie que j'ai d'abord regardée seule, puis avec l'amoureux hier. En lui montrant, j'ai eu peur que ce film ne lui plaise pas. J'aurais été si déçue. Il a été ému le Phil Amant, très ému même devant la poésie du ballon rouge et j'en ai été fort heureuse.

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05 novembre 2009

C'est beau une chape qui coule.

J'en bouffe du chantier en ce moment, j'y vais, j'enfonce les bottes dans la boue et j'avance sous la pluie le plus souvent.

Les chantiers, je préfère quand c'est pas trop terminé encore, quand c'est le chantier quoi. J'aime les amoncèlements de matériaux, le carrelage tout frais, l'escalier qui mène à rien, les tuyaux alus qui brillent, les ouvertures de fenêtres sans fenêtres.
J'aime bien voir les gars se crêper le chignon sur le chantier, ben oui, ils se crêpent le chignon comme les filles faut pas croire.
Ce matin, je les regardais couler la chape, c'était beau, puis après elle brillait comme une patinoire.
Y'a des gars qui ont plutôt l'air content de voir une fille sur le chantier, ils sont tout doux, tout gentils et puis y'a les autres qui n'aiment pas trop, qui baissent les yeux en disant bonjour et passent vite leur chemin.

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27 octobre 2009

J'aime le noir et alors?

Une fois n'est pas coutume, je vais parler mode sur ce blog.
J'ai lu ici et là que cet hiver voyait le grand retour du noir. C'est plutôt chouette parce que le noir c'est ce que je préfère, en plus je ne m'en lasse pas. Bon c'est juste casse pieds de trouver le bon pull noir dans une pile de pulls noirs dans mon armoire le matin quand je ne suis pas réveillée. Alors, souvent j'entends des réflexions: " Ah t'es encore habillée en noir...", " C'est pas compliqué pour toi de t'habiller, t'es toujours en noir", moins maintenant, c'était surtout quand je travaillais avec des filles qui aimaient le rose et le bleu ciel.
Déjà, je ne suis pas toujours en noir, juste souvent et puis si, c'est très compliqué parce que je fais très attention aux formes et aux matières. Aujourd'hui par exemple, j'ai une jupette noire en soie froissée et un pull tout doux en coton, puis une veste en laine bouillie.
Ce week-end j'ai vu l'expo Soulages à Pompidou et là, j'ai tout compris sur mon goût du noir. Le noir fait ressortir la lumière et met en valeur les formes et la matière. Le prochain qui me fait une réflexion, je lui rétorque: "Si je m'habille en noir c'est pour faire ressortir la lumière qui est en moi".
Bon comme ce n'est pas tout à fait un blog de mode, au lieu de vous photographier ma tenue, je vous mets une photo d'une toile de Pierre Soulages.

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26 octobre 2009

La boulangère des Lilas.

Je ne peux pas vous parler du poinçonneur, y'en a plus et ça a déjà été fait. En bas de l'immeuble de l'amoureux, une boulangerie. Rien d'extraordinaire, sauf que dans cette boulangerie, je n'ai jamais gouté un pain digne de ce nom. Elle était auparavant tenue par une cohorte d'hommes jeunes que je ne distinguais pas toujours les uns des autres, plustôt sympathiques mais qui ne connaissaient à l'évidence rien au pain. Nous prenions toutefois garde à ne pas les vexer et rentrions en planquant la baguette achetée à la boulangerie près du métro. Puis ils ont vendu, sans nous prévenir (c'était bien la peine d'essayer de ne pas les froisser). J'ai repris espoir, peut-être que le pain serait bon dorénavant. J'ai croisé le nouveau boulanger avant qu'il n'ouvre. Il avait regardé le pain que j'avais à la main et m'avait annoncé qu'il ouvrait le lendemain. Il me parut sympathique et j'étais prête de lui accorder toute ma confiance. Je n'y suis pas allée le lendemain puisque j'avais regagné la côte et son pain frais quand il y en a ( parce qu'ici si il n'y a plus de pains à midi, on s'entend dire qu'ils n'en referont pas! enfin, c'est pour la période non touristique, quand ils ont déjà gagné beaucoup!). C'est seulement quand je suis retournée au Lilas que j'ai découvert la boulangère.
Je l'ai d'abord vue de dos à travers le store, une blonde. Ça va changer, me suis-je dit. Chez les anciens, nous n'avions jamais vu la moindre femme.
Puis je suis rentrée le lendemain. La boulangère est effrayante. Elle a les cheveux délicatement teints en blond "pouf", vous savez ce blond qui n'est pas blond et qu'aucun être humain n'a naturellement sur le crâne, non le vrai blond "pouf", limite blanc mais avec quand même le reflet jaunâtre. Que dire du maquillage? Un fond de teint qui lui donne un teint aussi blanc que la mie du pain qu'ils vendent, à croire qu'elle immerge sa tête dans le sac de farine, du violet autour des yeux, sur toute la paupière et peut-être même au-dessus des sourcils. Un rouge à lèvres sur son immense bouche, qui n'est pas sans rappeler la couleur de leurs fraisiers. Elle avait de plus rassemblé son opulente chevelure brûlée par différentes essais de teinture en une ravissante couette juste d'un côté. Quand je suis entrée, elle expliquait à une patiente venue chercher un gâteau d'anniversaire à la dernière minute que si elle l'avait prévenue, elle aurait décoré le gâteau. Je crois que le femme fut soulagée parce qu'un gâteau maquillé comme la boulangère risquait de filer des cauchemars au pauvre enfant à qui il était destiné.
Cela dit, elle est plutôt gentille cette boulangère et vaut mieux la voir boulangère qu'esthéticienne ou coiffeuse. J'ai pensé à Pagnol et Raimu et j'espère que si elle s'enfuit avec un berger (assez improbable au Lilas), le boulanger n'espèrera pas son retour.
Et puis je vous mets cette tirade parce que je l'adore:

"Ah ! Te voilà, toi ? Regarde, la voilà la Pomponnette... Garce, salope, ordure, c'est maintenant que tu reviens ? Et le pauvre Pompon, dis, qui s'est fait un mauvais sang d'encre pendant ces trois jours ! Il tournait, il virait, il cherchait dans tous les coins... Plus malheureux qu'une pierre, il était... Et elle, pendant ce temps-là avec son chat de gouttières... Un inconnu, un bon à rien... Un passant du clair de lune... qu'est-ce qu'il avait, dis, de plus que lui ?"

Ah j'oubliais, le pain est toujours aussi mauvais.

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22 octobre 2009

Comment je n'ai pas oublié que je n'étais plus si jeune.

Bon c'est vrai, je n'avais pas très envie d'y aller dès qu'on m'en a parlé de cette soirée et de ce semi concert privé dans un appart inconnu. Bon c'est vrai aussi que j'avais envie de l'entendre chanter la nouvelle copine  de ce pote. Mais j'aurais bien attendu le 28 novembre où elle se produira sur une vraie scène. Enfin, Phil Amant bosse le 28 novembre et il voulait entendre. Déjà un appart au-dessus de ce bar que je n'aimais déjà pas à 18 ans, ça ne m'inspire guère. J'y vais. Ah changement de programme, ce n'est plus dans l'appart du premier mais dans celui du second. Bon très bien, je ne suis plus à un étage près.
Pouah ce monde, entassé debout, posé dans la fumée. Nous n'allons pas tous rentrer dans cet appart, c'est impossible.
Ben si, ça pousse. Moyenne d'âge? Bof j'en sais rien, 25 peut-être, peut-être moins. Y'a tellement de fumée que je crains qu'un de mes poumons s'arrête là d'un coup, un genre de grève quoi. Je vois bien mes poumons me balancer un truc genre: on fait la grève ou on crève, alors choisis! Ah ici on boit le whisky au goulot qu'on torche à l'aide de sa manche. J'aime pas le whisky de toute façon. J'ai une bouteille de lait dans mon sac, j'ai pensé à en acheter pour le petit dej de demain juste avant de venir. Je pourrais peut-être la faire tourner voir... Je songe émue, au carton de 6 bouteilles de rouge bio 1998 dans mon coffre. Dans le coin cuisine, des toilettes... qui servent de poubelle. Le chat de la maison, aussi enchanté que moi de la situation, refuse de quitter la minuscule scène, seul endroit un peu dégagé. Heureux animal. Des carrés de moquette crasseuse sont à notre disposition pour s'asseoir. Certes, c'est moins froid que le carrelage. Ah encore du monde qui rentre, des journalistes avec des caméras énormes. Je me pousse et me retrouve le cul sur le carrelage. J'ai perdu Phil Amant du côté des toilettes-poubelles.
Avant de commencer, l'hôte _ je dirais qu'il a mon âge_ nous demande de ne pas aller par deux aux toilettes parce que le plancher n'est pas solide et que nous risquerions de passer au travers!
Et puis tous ces gens qui continuent de rentrer, on dirait que ça ne s'interrompera jamais.
Bon, on écoute la jolie chanteuse. On ne restera pas pour le second concert, faut pas demander l'impossible. Puis j'ai faim et Phil Amant a acheté des St Jacques fraiches.
Ah c'est plus de mon âge ces soirées, enfin pour être honnête à 20 ans, ce n'était déjà plus de mon âge. Je vais filer le relais à la Pierre précieuse mais je ne suis pas certaine que ça lui plaise beaucoup non plus.

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15 octobre 2009

Lu...

Lu ce commentaire ce matin sur ce blog: "Je vous souhaite de vivre avec les hommes et les tableaux que vous aimez,"

 

C'est beau, non?
Profitez en pour vous promener dans le musée de Baltha, c'est un bel endroit.

 

Les hommes que j'aime, c'est vite trouvé mais les tableaux? Avec quels tableaux j'aimerais bien vivre...
Peut-être celui-ci:

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Et vous?

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12 octobre 2009

Cahin caha

Tout à l'heure il a plu des feuilles d'or sur mon chemin, secondes légères et douces parmi le vacarme des voitures qu'on n'entend plus soudain, comme la scène d'un film dont on aurait coupé le son.
Peu avant, j'ai écouté les blagues à la terrasse d'un café que des messieurs plus tout à fait jeunes mais pas complètement gâteux non plus racontaient pour nous distraire.
Et puis y'avaient nos vies fragiles, nos misères pour ne pas dire la misère, les rires qui camouflent mal les peines. Un des messieurs rappelle qu'ici on dit: "être monté sur des chaussures à bascule" pour ivre, je ne sais pas si ça se dit ailleurs qu'en Normandie mais j'ai souvent entendu cette expression.
Parfois ce sont nos vies qui sont montées sur bascules, bringuebalantes et chaotiques.

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08 octobre 2009

Portrait

Je la regarde, intriguée. C'est la première fois que je la vois.

- C'est qui la dame, a-t-elle demandé quand je suis arrivée.
- C'est pas une dame, c'est Aude a répondu sa copine.

Elle est souriante, a de grands gestes malhabiles, elle est volubile comme on peut l'être parfois à 13 ans. Elle est volubile comme on peut l'être parfois quand on ne souhaite pas qu'on vous questionne, occuper toute la parole.
Les cheveux bouclés par la pluie qui tombe depuis plusieurs jours, le teint presque aussi pâle que les vêtements qu'elle porte, l'air un peu fatigué mais la vie qui est là. Elle monte dans la chambre de sa copine.

- Elle est fatigante me dit l'amie qui l'accueille pour la journée. Elle est dure parfois, elle l'était aussi avec sa mère quand elle était malade.
- C'est normal, je dis. Moi aussi j'en ai voulu à ma mère d'être malade parfois. Alors là, cette mère qui l'abandonne...

Une larme sur la joue de l'amie, une pensée pour la maman de cette fillette morte le mois dernier.

Elle revient après, attaque ses devoirs qu'elle n'a pas commencé, hurle après sa prof de français qui lui a donné un livre à lire il y a deux semaines, qu'elle commence aujourd'hui pour demain, nous dit que la lecture ça ne sert à rien.

- T'es en quelle classe, je lui demande?
- 4ème.
- Tu dois connaitre mon fils alors.
- Il s'appelle comment?
- Pierre précieuse.
- Non, je ne vois pas.
- Il me ressemble beaucoup.
- Oui je vois mais quel emmerdeur celui-là.

Voilà, c'est dit. Remarquez que la Pierre précieuse me dira plus tard: "celle-là, je peux pas la blairer".

Elle s'énerve sur son recueil de nouvelles à lire.

- Dis, tu m'en lis une?
- Si tu veux.
- La troisième s'il te plait.

Cortazar. La nouvelle n'est pas facile, je me souviens l'avoir étudier à la fac mais en VO. C'est pas forcément évident Cortazar à 13 ans. Je lui lis la nouvelle. Elle prend des notes, me demande des explications sur les mots qu'elle ne comprend pas. Fallait que je parte, je lui aurais bien lu tout le recueil à cette petite.

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03 octobre 2009

Bord de mer, hier...

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Oiseau blessé



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Doudou qui ne voulait plus quitter la mer



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Message



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Ballon sans message

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