15 décembre 2008
Nuit
Allongée, j'observe la lune qui me nargue dane la glace de l'armoire. Une fois de plus je ne trouve pas le sommeil. J'aimerais plonger dans les bras de l'amoureux. Je dors mieux quand il est là. J'écoute le vent et la pluie. Il me semble même entendre la mer qui remonte. Ce matin, j'ai entendu un oiseau chanter quand je me réveillais. J'ai bien tenté de voir ce valeureux qui bravait l'hiver, en vain...
Je jette un oeil sur les chiffres rouges du réveil. Deux heures déjà. Le chat demande à sortir. Elle m'énerve parfois. Que diable peut_elle bien faire sous la pluie, le vent et le noir? Je finis par m'endormir, me réveille en sursaut. Les miaulements en colère de chats qui se battent me réveillent. Je ne me lève pas, écoute. Dehors ça crache, crie, se bat. Un pot de fleurs tombe. Je me lève, ouvre la porte qui donne sur le jardin. J'ai le temps d'apercevoir un chat noir et blanc fuir. Je l'ai déjà vu, il ressemble à Félix de la pub. Capucine rentre sans demander son reste, file à sa gamelle. Je la caresse un peu. Elle déteste ce chat. Leur guerre de territoire semble intense et sans fin. Est-ce pour se faire un allié qu'elle laisse le jeune chat des voisins, un tout gris et blanc prénommé Nuage rentrer dans la maison et même manger dans sa gamelle. C'est le premier chat qu'elle semble tolérer, enfin non il y a bien eu mon vieux Cookies mais elle le voyait chez mes parents c'était différent. Cookies était blanc et gris aussi, et le plus adorable des chats. Peut-être que Capucine n'aime que les chats blancs et gris? Faut que je pense à lui présenter Choubaka mon chat-filleul (chailleul?) qui est blanc et gris aussi. Oui, je suis la marraine d'un chat, la Pierre précieuse est sa parraine puisque ce chat avait déjà un parrain. Il ne lui manque plus qu'un marrain. Mon chailleul a une tête de chat de calendrier des postes.
Et Georges, vous vous souvenez de Georges? Je l'ai revu il n'y a pas très longtemps. Après avoir menacé de l'abandonner à maintes reprises, ils l'ont gardé. Je suis sure qu'il m'a reconnu parmi la foule d'invités venus pour l'anniversaire de sa maitresse. Quand je l'ai appelé il est venu du buisson où il aimait déjà se cacher cet été. Se rappelait-il de notre solitude d'alors, moi sans mon fils et lui sans sa mère, guettant la venue des hérissons?
Je me suis recouchée, Capucine vient me rejoindre, ronronne doucement.
C'est bientôt l'heure de se lever.
11 août 2008
Le retour, encore
Voilà, j'ai quitté Georges et les hérissons. J'y serais bien restée dans cette jolie maison mais ses habitants rentrent ce soir. Dès qu'ils sont en vacances, ils la fuient cette maison, ils n'y passent même pas un jour. Je crois qu'ils ne l'aiment pas comme elle le mérite.
06 août 2008
Visites nocturnes
Ils sont venus plus tard ce soir, y'avait du monde et du bruit mais voilà...
01 août 2008
Visiteurs
Frémissements dans le feuillage, un léger bruit presque imperceptible. Il fait nuit. Un grattement… Georges ? Non il est là, à mes pieds. Dis Georges, c’est peut-être ta mère qui est revenue ? Je reste sur le qui-vive, silencieuse, intriguée. Puis j’aperçois une ombre, puis une forme qui approche petite et trapue. Elle a la taille de Georges mais en plus massive et sans sa légèreté. Un gros rat ? Non, l’animal est trop lent. Il s’approche encore. J’écarquille les yeux. Je souris, soulagée : un gros hérisson. Il se dandine, assez rapide en fait. Le chaton l’aperçoit, le suit comme le vilain petit canard la maman cygne. Le hérisson se cache un moment. Je ne le vois plus. Je ne le vois plus puis le retrouve de l’autre côté de la terrasse là où il m’était apparu en premier. Je ne comprends pas bien. J’aurais juré qu’il était de l’autre côté. Je rentre un instant dans la maison puis je ressors. J’entends du bruit derrière les transats sagement empilés. Je m’approche : deux hérissons m’observent apeurés. Ils se rassurent bientôt et lapent l’eau de mon Georges qui les observe bienveillant. Je remplis de lait une soucoupe. Georges s’y précipite. J’en remplirai une deuxième. Un des deux hérissons crache pour chasser l’autre qui s’éloigne. Le cracheur lape le lait laissant s’échapper un ronronnement digne d’un Georges. Tentative de l’autre hérisson pour s’approcher du lait, nouveau crachement. Il repart. Georges contemple tristement sa soucoupe qu’il a vidée, observe celle du hérisson et n’hésite pas vraiment avant d’aller y boire. Le chaton et le hérisson boivent ensemble, chacun ronronnant. Repu, le hérisson s’éloigne, l’autre arrive et finit le lait. Georges est parti retrouver le premier. Ils ont l’air de bien se connaître ces deux là. Je sens une nouvelle présence, tourne la tête : un gros matou semblable à Georges m’observe, son père sans doute. D’ailleurs, Georges s’en approche, un bisou rapide et il repart jouer avec son ami hérisson. Aux bruits que j’entends, l’autre hérisson a attaqué les croquettes.
Je vais aller me coucher abandonnant le jardin à ses habitants noctambules.
31 juillet 2008
Soirée
C’est le silence qui m’accueille quand je rentre. Il n’y a même plus la pluie pour l’assourdir. Vite, je ne veux pas rester ici, je prends mes affaires, je m’enfuis. Il a laissé Cookies, le doudou chat noir sur mon lit pour me tenir compagnie, je le mets dans mon sac. Je lui ai caché des mots dans le sien.
J’ai pris des livres, mon ordinateur et un cahier. J’ai encore pour quelques jours les clefs de cette maison à la campagne. Je m’y réfugierai, tâcherai d’écrire et de lire. Étrange idée. Imaginez Augustine allant aux Bellons sans Marcel, Paul, Joseph et la petite sœur.
Georges, le chaton est heureux de me voir. Il pleure quand je grimpe l’escalier en colimaçons pour déposer mes affaires dans la chambre tapissée de livres. Lui qui grimpe aux arbres n’ose franchir ce nouvel obstacle. Sa mère ne vient plus guère le voir. Elle lui manque.
Je contemple le jardin, la fontaine trop prétentieuse pour les roses simples qui s’y emmêlent, la grange au fond qui avec sa girouette me fait penser aux chapelles de mon enfance. Je commence à écrire. Les nuages défilent au-dessus du grand saule mangeur de soleil. La terre humide exhale toutes ses senteurs pendant que de mes yeux humides s’extirpe ma peine. J’ai une boule au cœur, Georges joue avec sa boule de plastique. Le vent, soudain plus fort, chasse les nuages. Quel vent saura chasser ma peine ? Je décide d’écrire plutôt sur le portable assise sur la marche de la porte. Georges décide que c’est l’heure des câlins. Je vais vous laisser.



