22 octobre 2009
Comment je n'ai pas oublié que je n'étais plus si jeune.
Bon c'est vrai, je n'avais pas très envie d'y aller dès qu'on m'en a parlé de cette soirée et de ce semi concert privé dans un appart inconnu. Bon c'est vrai aussi que j'avais envie de l'entendre chanter la nouvelle copine de ce pote. Mais j'aurais bien attendu le 28 novembre où elle se produira sur une vraie scène. Enfin, Phil Amant bosse le 28 novembre et il voulait entendre. Déjà un appart au-dessus de ce bar que je n'aimais déjà pas à 18 ans, ça ne m'inspire guère. J'y vais. Ah changement de programme, ce n'est plus dans l'appart du premier mais dans celui du second. Bon très bien, je ne suis plus à un étage près.
Pouah ce monde, entassé debout, posé dans la fumée. Nous n'allons pas tous rentrer dans cet appart, c'est impossible.
Ben si, ça pousse. Moyenne d'âge? Bof j'en sais rien, 25 peut-être, peut-être moins. Y'a tellement de fumée que je crains qu'un de mes poumons s'arrête là d'un coup, un genre de grève quoi. Je vois bien mes poumons me balancer un truc genre: on fait la grève ou on crève, alors choisis! Ah ici on boit le whisky au goulot qu'on torche à l'aide de sa manche. J'aime pas le whisky de toute façon. J'ai une bouteille de lait dans mon sac, j'ai pensé à en acheter pour le petit dej de demain juste avant de venir. Je pourrais peut-être la faire tourner voir... Je songe émue, au carton de 6 bouteilles de rouge bio 1998 dans mon coffre. Dans le coin cuisine, des toilettes... qui servent de poubelle. Le chat de la maison, aussi enchanté que moi de la situation, refuse de quitter la minuscule scène, seul endroit un peu dégagé. Heureux animal. Des carrés de moquette crasseuse sont à notre disposition pour s'asseoir. Certes, c'est moins froid que le carrelage. Ah encore du monde qui rentre, des journalistes avec des caméras énormes. Je me pousse et me retrouve le cul sur le carrelage. J'ai perdu Phil Amant du côté des toilettes-poubelles.
Avant de commencer, l'hôte _ je dirais qu'il a mon âge_ nous demande de ne pas aller par deux aux toilettes parce que le plancher n'est pas solide et que nous risquerions de passer au travers!
Et puis tous ces gens qui continuent de rentrer, on dirait que ça ne s'interrompera jamais.
Bon, on écoute la jolie chanteuse. On ne restera pas pour le second concert, faut pas demander l'impossible. Puis j'ai faim et Phil Amant a acheté des St Jacques fraiches.
Ah c'est plus de mon âge ces soirées, enfin pour être honnête à 20 ans, ce n'était déjà plus de mon âge. Je vais filer le relais à la Pierre précieuse mais je ne suis pas certaine que ça lui plaise beaucoup non plus.
24 juillet 2009
Chroniques du bar-dit-pas-du-golf
En passant devant le bar-dit-du-golf, j'ai envie de m'y arrêter. Laurent a étendu le store qui fait une lumière toute douce et les guirlandes lumineuses sont allumées. C'est joli. Mais voilà, j'ai rendez-vous au bar-dit-pas-du-golf où je vais rarement sauf les jours de concerts sympas. J'y retrouve S et puis tout un tas de monde que je connais plus ou moins bien, c'est selon... Je commande un verre de blanc, il est pourtant imbuvable ici. Sans doute que je veux vérifier. Je vérifie. Il est imbuvable et me donnera mal à la tête demain matin.
La musique est dansante. J'aperçois le légionnaire. Il est trop loin pour que je puisse observer une larme qui glisserait sur sa joue.
Un type passe près de moi me demande mon prénom, me donne le sien.
- Tu veux un verre, me demande-t-il?
- Non.
- Une crêpe au chocolat.
- Non.
- Une folle nuit d'amour.
- Non.
- Un bébé? Vous voulez toutes des bébés.
- Non.
Je souris.
Je regarde la mer et le ciel. Les couleurs sont si contrastées qu'on dirait un décor de cinéma comme dans les films d'Hitchcock.
Une grande nana à tête d'anglaise s'installe entre nous. Il continue de me parler au-dessus d'elle.
- T'es dure en affaires me dit-il.
La nana-à-tête-danglaise me dit:
- Tu sais, faut le prendre au deuxième degré.
Comme si j'avais pas compris!
Je souris. Il se marre.
Il part danser avec une copine. J'en profite pour discuter avec son mari-qui-fait-rire. Elle revient. A propos du danseur, elle me dit:
- Il t'a proposé la botte?
- Oui.
- Je suis désolée.
Son mari éclate de rire:
- Pff, elle n'a même pas paru étonné quand il l'a fait!
- A mon anniversaire où tu n'es pas venue, il a dragué toutes mes copines.
Rire du mari encore:
- Au rythme aù il drague, il doit bien en ramener une de temps en temps.
Je me marre, je crois aussi que ça doit marcher des fois.
Comme dans ce pays, on ne peut passer une soirée de juillet sans pluie, il se met à pleuvoir. Le mari de ma copine me dit:
- Pfff je suis en vélo.
Sa femme lui dit:
- Je suis en voiture, on laisse le vélo.
- Je suis à pieds dis-je.
- Je te prête mon vélo.
- Non on va te ramener.
- Je suis romancier me dit le dragueur fou, et toi?
- Pas moi.
Le dragueur fou me propose de rentrer en amoureux sous la pluie. Je ne lui demande pas où. La-tête-danglaise qui écluse les verres de rosé à un rythme aussi soutenu que les changements de temps en Normandie parle de plus en plus fort au dragueur fou. Elle me casse un peu les oreilles. Tout à l'heure elle m'avait piétiné les pieds. Le dragueur fou me demande:
- Pourquoi t'es pas venue à l'anniversaire d'A?
- J'ai préféré une folle nuit d'amour.
07 décembre 2008
Hier soir
Hier.. Internet ne fonctionnait pas, il y avait du soleil, la mer était belle...
En fin d'après-midi, l'amoureux a émis le fait de faire un tour, oui parce que il faut bien que je vous révèle quelque chose, l'amoureux parfois me fait penser à un chien qui a besoin de faire son tour. Je sais la comparaison n'est pas des plus flatteuse mais c'est ainsi. Bref, je laisse l'amoureux à ses évasions,moi même en rentrant de quelques courses m'arrête boire un thé chez une amie, thé qui s'est miraculeusement transformé en verre de vin. La pierre précieuse devait rester dormir chez cette amie qui est aussi la maman de son plus vieux copain. Je rentre, la nuit tombée en même temps que le froid. Le téléphone sonne, c'est l'amoureux qui me propose d'assister à un concert. Les billets se sont peu vendus, concurrencés par les miss et le téléthon, du coup la jolie F qui travaille dans cette salle de concert a besoin de monde pour combler le vide. Je dois bien avouer que je ne suis pas très motivée, je ne connais pas ce groupe, pas très envie de sortir, enfin je me pousse un peu aux fesses et j'y vais. Je me rallonge bien évidemment en choisissant un raccourci infaillible. Je me perds toujours dans cette ville: Hérouville ou Erreoùville comme ils devraient tous l'appeler. Je songe même à faire demi tour, énervée. Je finis par arriver. Le videur enfin entreur pour le coup comme je suis en retard et que je n'ai pas mon billet et que déjà y'a plus personne au guichet appelle du monde. C'est la belle F qui arrive. Elle est si jolie. A chaque fois ça m'interpelle. On dirait une poupée, une belle poupée comme j'en rêvais petite: de grands yeux bleus aux cils parfaits, des cheveux noirs, un teint de porcelaine. La première fois que je l'ai vue, j'ai été subjugué par tant de perfection. Je l'admire comme j'admire un paysage ou une oeuvre d'art.
Ce concert était comme je ne m'y attendais pas: très bien, vivant, entrainant. Il n'y avait effectivement pas beaucoup de monde. C'est dommage.
