11 mai 2009
Comme un manque...
Des éclats de voix qui me revenaient, son rire communicatif, l'éclat du bleu de ses yeux, j'ai pensé à elle toute la journée. J'ai pensé à elle en me levant, plus tard en regardant les nombreux enfants jouer dans le jardin, j'ai pensé à sa petite fille que je connais si peu. J'ai pensé à elle et c'était comme un refrain que j'aurais eu dans la tête pour la journée. Des amis perdus ou oubliés, elle est celle qui me manque le plus. J'aurais aimé partager ce dimanche ensoleillé avec elle. Je l'ai imaginé discuter avec cette nouvelle amie présente qui me la rappelle parfois, elle s'entendraient bien me suis-je dit. J'ai imaginé la séduction de ses belles boucles blondes sur les hommes présents, une épaule qui dépasse. C'est, je crois, la première amie qui m'a dit "T'es jolie" ou autres douceurs. C'est qu'avant elle, je croyais toutes les femmes mes rivales. Dame, c'est que je n'ai pas eu de soeur moi, et je ne savais pas très bien comment m'y prendre avec les autres dames... C'est d'ailleurs l'une d'entre elles qui nous a éloigné plus que les kilomètres. La jalousie des amitiés féminines est parfois si féroce, parfois pire que la jalousie amoureuse, surtout quand amour il n'ya plus vraiment. Depuis je trouve belles mes amies.
Elle aurait été à sa place, hier, parmi ces amis qu'elle ne connait pas.
08 avril 2009
Dimanche
Se lever à l'heure du soleil,
S'habiller vite et chaud,
Entendre sur le chemin le chant des oiseaux se mêler à celui du clocher et contempler la mer qui se fond dans la brume,
Expirer tout l'air de son corps pour inspirer le sel et la fraicheur de ces fraiches heures,
Suivre des yeux la silhouette noire d'un canot à moteur qui s'éloigne,
Laisser la mer se jeter à mes pieds, la saluer à mon tour,
Rentrer, hésiter entre un stylo et un pinceau pour raconter l'instant,
Choisir le stylo dans la tiédeur de son lit,
Se dépêcher de noter au moins deux idées de nouvelles,
Apercevoir dans le miroir des anglaises dans mes cheveux,
Se féliciter de s'être levée tôt pour que cette journée s'étire en longueur,
01 février 2009
Méchante humeur
J'ai l'humeur méchante depuis ce matin, sans véritable raison. Un autre jour, j'aurais aimé ce dimanche mais j'ai l'humeur méchante. La mer aussi a l'humeur méchante. Je l'entends depuis la maison tant elle s'énerve. Elle, c'est à cause du vent, un sale vent de nord-est, plutôt rare ici. C'est le vent d'ouest que j'aime, celui qui amène les larmes. Le vent d'aujourd'hui amène la colère.
En allant chercher du pain, j'ai perdu un bout de vélo. Du coup je m'énerve après la Pierre précieuse, mon vélo n'est qu'une innocente victime de la maltraitance d'un enfant. Je ne compte plus ce que cet enfant casse par négligence ou maladresse. L'orthographe aussi il la maltraite, me dis-je tandis qu'il m'apporte ses devoirs. Les devoirs, ça aussi c'est une chose qui m'énerve. Je me suis assurée pendant toute ma scolarité d'y arriver en travaillant un minimum et voilà qu'aujourd'hui j'ai un enfant incapable de faire ses devoirs seul. L'idée de tous ces devoirs à surveiller, ses leçons à revoir avec lui suffirait à m'ôter toute envie d'avoir d'autres enfants un jour. Si si, je suis sincère. Je sais, c'est une raison minable et puérile mais j'ai toujours détesté le travail scolaire. Je ne suis absolument pas pédagogue et pas patiente pour expliquer les choses.
Je viens de lire dans son exercice de SVT "les morceaux se s'éparent", j'hésite entre larmes et rires. Il me rapelle mon ancienne colocataire qui dans une dissertation avait évoqué les bombes "la crimogène" et ma collègue Sophie qui "tatamisait les lumières".
Je dois faire attention pourtant, il est à fleur de peau ma Pierre précieuse depuis quelques jours, il se prend des bouffées de sensiblité. Pas facile de grandir. Vendredi il était triste. Son vieux copain partait trois semaines en Colombie. " Je ne quitterai jamais la France" m'a-t-il révélé en montant dans la voiture. A 12 ans aussi je croyais parfois que je n'avais déjà plus la vie devant moi. Tout à l'heure il m'a dit qu'il se marierait pour pouvoir partir en lune de miel et ainsi faire son grand voyage. Je lui ai dis qu'on pouvait se marier sans le voyage de noce à la clé. Il a abandonné l'idée du coup. A l'instant où je vous écris, je pense au Marius de Pagnol. C'est vrai que la contemplation de la mer donne des envies de voyages lointains... plutôt que des envies d'orthographe.
25 janvier 2009
Lectorales du dimanche
Ce matin je l'attendais avec impatience parce que Papistache allait lire certains de mes textes. Je me demandais bien lesquels. J'aurais parié pour le conte de noël et celui de la petite fille.
Je me suis levée, j'ai préparé le petit déjeuner et écouté Papistache avec ma première tartine. et le Phil Amant à mes côtés J'ai été ému, mais bon cette histoire de canard ne m'a pas fait oublié qu'il fallait aller chercher un poulet rôti pour le midi (nous nous sommes levés tard). Phil Amant, écoutant Papistache s'exclame: "Ah lécher le boucher, pourquoi m'as tu caché ceci?"
Je lorgnais le dernier poulet tout en faisant la queue, échafaudant des plans machiavéliques où le Phil Amant ligoterait le client qui attendait avant moi parce qu'il bien une tête à ne pas vouloir se casser la tête un dimanche midi et à acheter un poulet tout cuit. Je déclarais toutefois à l'amoureux:
- Il nous faut envisager une solution de repli. Que mangeons-nous si il prend le poulet?
- Je ne sais pas, du canard?
- C'est vrai que nous avons des oranges.
- C'est pas ce que je préfère le canard à l'orange.
On a eu le poulet... et puis des oeufs pour faire une mayonnaise et là nous n'allons pas tarder à manger.
Pour écouter Papistache, c'est ici. C'est une bien belle idée que ces lectorales du dimanche.
Pour ceux qui ne comprennent rien à cette histoire de canard à l'orange amère, écoutez le conte de noël lu par Papistache.
28 décembre 2008
Dimanche glacé
Nous revoilà toutes les deux ma Capucine. Toi aussi, ils te manquent les deux garnements qui habitent nos vie, le Phil Amant et la Pierre précieuse. Pour l'heure tu cherches surtout à te rapprocher le plus possible du radiateur sans te brûler, puis quand la nuit viendra, tu te blottiras sur un bout de moi et ronronneras de tout ton cœur de chat.
Qu'il fait froid. La maison refuse de se réchauffer, j'ai enfilé une tenue grand froid et c'est avec gants, col roulé, écharpe, béret que j'ai pris mon vélo pour aller chercher le pain. La mer était haute, le stock de pain plutôt bas. Chez Shopi, le vieux monsieur devant était tout confus. Il comptait prendre des allumettes à la caisse mais il n'y en avait pas. Je suis allée lui en chercher. Pas de soupirs, ni de réflexions derrière nous, juste quelques minutes de plus pour que les gens bavardent ensemble.
Thé, livres et chat qui réchauffent voilà un doux programme pour un dimanche glacé. Je préfère les dimanches glacés aux buches glacées. Les buches je les aime dans la cheminée ou bien de chèvre, je ne les aime pas à vélo.
14 décembre 2008
de la difficulté de ne pas sortir seule un dimanche
Je vais mieux, bonne nouvelle. C'est pas encore la grande forme mais je pouvais envisager d'aller écouter un peu de jazz cet après-midi. Je n'ai pas envie d'y aller seule alors je passe quelques coups de fil:
La première copine que j'appelle ne peut pas, elle est en transvasement d'enfants (son ex doit passer chercher ses deux enfants, ils sont en garde alternée)
La deuxième ne veut pas faire la même chose tous les dimanches, et puis c'est vrai que trimbaler les jumelles de deux ans ce n'est pas toujours facile.
La troisième n'est visiblement pas là.
Le quatrième est malade et pas encore en état de sortir.
Bon je laisse tomber et les coups de fil et le concert... Il y a là-bas certainement du monde de ma connaissance mais j'ai pas envie d'arriver toute seule. Si vous étiez près de moi, je vous aurais proposé de venir...
07 décembre 2008
Dimanche après-midi
C'est dimanche, entre chien et loup, quand il n'est pas si tard mais que pourtant le ciel rosit au dessus de la mer. On cherche une place sur le petit parking du bar, quelqu'un prend la dernière place. Je ne râle pas parce que je reconnais une copine. On rentre dans le bar, les musiciens ont déjà commencé. Du jazz, du vrai, du bon. Les lumières sont tamisées, au fond du bar, on aperçoit la mer qui prend ses couleurs du soir. On commande des chocolats parce qu'il fait froid, qu'ils les servent dans de grands bols et qu'ils ont un gout de beurre demi-sel. Je regarde les yeux de l'amoureux. J'ai toujours trouvé que le jazz allait bien avec sa sombritude (je sais, ce mot n'existe pas mais je l'aime bien). J'aime cette idée des concerts le dimanche en fin d'après-midi à l'heure un peu triste où on commence à se dire que demain c'est lundi.
Le jazz je n'y connais pas grand chose, je l'aime à l'instinct et il m'emmène loin, à chaque fois, dans un autre monde. Je n'ai même plus besoin de fermer les yeux pour me croire à New-York dans les années 50 au cœur de la nuit.
17 novembre 2008
Semainier
,J'aime toujours pas les lundis. L'un dit, mais t'est pas juste avec ce pauvre lundi. Et bien c'est ainsi, le lundi je l'aime férié ou chômé. T'en a pas marre dis, de nous ennuyer avec tes états d'âme. Si ,j'en ai marre des mardis aussi. Le mercredi, c'est mieux. Pourquoi? Parce qu'il y a la mer et ses creux, du coup c'est mieux. Et le jeudi? Je dis que je ne l'aime pas trop mais un peu plus que le lundi et le mardi. Et le vendredi? J'aime bien le vent mais pas trop Dreux. C'est pas gentil pour les habitants de cette ville mais c'est ainsi. Le samedi, ça me dit bien. Et le dimanche. Je n'ai pas besoin de dix manches mais de dimanche oui. Aller voir dix fois la Manche, le dimanche, ça j'aime.
Du coup je me souviens que petite, j'avais des culottes avec les jours de la semaine et que je détestais mettre le lundi un mardi.
Je ne pensais absolument pas écrire cela aujourd'hui et je ne sais pas comment j'en suis arrivée là. Je pensais vous faire un billet qui parlerait d'une ballade à vélo entre les choux et la mer avec une pierre précieuse. Je pensais vous raconter les derniers fossiles et coquillages collectés. Je pensais vous décrire la tristesse du ciel qui s'abattait sur les champs ce matin, des longues tiges de maïs desséchés. Je pensais vous parler de la ferme où je suis allée acheter des oeufs, une vraie ferme avec l'odeur des vaches qui m'a rappelé les mercredis de mon enfance. Je les passais à la ferme en face la maison. Le soir je regardais Tom Sawyer puis quand Joe l'indien arrivait, j'étais si terrorisée que je courais à l'étable (c'était l'heure de la traite) dans le noir et j'attendais auprès du gros chien rassurant. Je voulais vous raconter la couleur de la mer et du sable qui se confondaient en un bel argenté, du ciel aux reflets mauves ce week-end.
08 septembre 2008
Les dimanches après-midi
Samedi soir où il fait bon de s'emmitoufler pour rester en compagnie de la mer le plus longtemps possible.
Dimanche midi où on abandonne chaussures sur le sable pour s'égarer aux pieds des falaises. J'y rencontre à chaque fois des oiseaux inconnus dont j'ignore le nom. J'ai à la fois envie de le connaitre et puis finalement j'aime bien qu'ils gardent tout leur mystère et ne m'en paraissent que plus extraordinaires.
Dimanche après-midi, abrités du vent dans le jardin, un livre dans les mains.
Cette extrémité de terre me laisse croire que nous sommes seuls au monde.
Dimanche fin d'après-midi, je vais chercher du pain. Je suis étourdie par les flot des visiteurs du dimanche après-midi, citadins flâneurs venus nous emprunter notre air. J'étais parmi eux autre fois. Certains ont gardé les tenues d'été, d'autres ont déjà revêtu les habits de rentrée. J'aime bien regarder les promeneurs en bottes et manteaux qui observent les derniers baigneurs.

