Mots dits

Partager les mots pour oublier mes maux...

24 février 2009

De Madame Bovary et autres héros de littérature...

Le meilleur ami de Phil Amant est un curieux mélange de Madame Bovary et de Bel Ami. Autant dire que l'observation de ce jeune homme est pour le moins fascinante, un peu épuisante aussi, je dois l'avouer.
" Madame Bovary va bien ?", n'ai-je pu m'empêcher de lancer à Phil Amant hier soir quand il rentrait d'une heure de confidences-qui-ne-pouvaient-attendre. Phil Amant fait mine de ne pas comprendre, ne peut s'empêcher de rire. C'est qu'il est bien compliqué notre Madame Bovary, toujours insatisfait. Quand j'écrivais un scénario pour lui, je m'amusais à glisser des passages crus, pariant sur le fait que j'allais être censurée. Ca ne ratait jamais. Il a un petit côté pudibond qui m'agace mais qui charme d'autres. Il est très bavard, plus que n'importe laquelle de mes copines. Quand il rencontre une fille, il s'épanche tout de suite au grand dam de Phil Amant qui jouerait plutôt les carpes en règle général. "Mais pourquoi tu parles autant quand tu rencontres une fille?" ne peut-il s'empêcher de lui reprocher. De Bel Ami, il a l'ambition et le côté dandy. C'est qu'il est plutôt beau garçon Emma Bovary. Il plait, pas de doute. Ils sont vraiment proches avec Phil Amant même si parfois ça pourrait ressembler à la rencontre improbable de Madame Bovary avec un des tontons flingueurs.
Quand j'y réfléchis, il me fait également penser à Julien Sorel. Enfin ce garçon tente de vivre un peu sa vie comme dans un roman. Ca fait partie de son charme ou pas... Finalement c'est encore Solal le héros auquel il ressemble le plus.
Et moi à quelle héros ou héroïne je ressemble le plus? J'ai vécu 10 ans comme Thérèse Desqueyroux, arsenic en moins. J'exagère sans doute. Quand mon ancien beau-père avait lu Orgueil et Préjugés, il s'était exclamé "Elisabeth Bennet, c'est toi", c'est déjà plus flatteur. Je me reconnais assez en Claudine aussi.
Autour de moi, je vois Marguerite Gautier, Manon Lescaut, Genitrix, l'Arlesienne, Sganarelle et même le Vladimir de Beckett et bien d'autres encore.
Et vous quel héros êtes vous?

13 février 2009

Pêle Mêle

En me regardant dans la glace ce matin, je me demandais si je devais m'épiler les sourcils ou pas. Aucun intérêt me direz vous. Je ne m'étais jamais interrogée pour tout dire jusqu'à une conversation entre filles cet été où visiblement j'étais la seule à ne pas toucher à mes sourcils. " Quoi tu ne t'épiles pas les sourcils?" Ben non, je trouve que j'ai le sourcil altier, naturellement élégant. Mais devant l'air affolé de mes interlocutrices, je m'interroge, me demande si mon sourcil altier ne devrait pas mincir un peu. J'ai bien essayé une fois mais j'ai trouvé ça douloureux alors je n'ai pas continué. Bon je vois certains d'entre vous froncer les sourcils et se demander où je veux en venir. En réalité, c'était juste une interrogation devant ma glace.
J'ai un nouveau grille-pain. Le mien a rendu l'âme, il était beau pourtant, avec tout plein de fleurs. Je soupçonne Phil Amant d'avoir précipité sa mort. Lui et le grille pain ne s'aimaient pas. Le grille pain pétaient régulièrement les plombs quand le Phil Amant l'utilisait. Chez mes parents aussi existe un grille pain particulier: mon frère, ma mère et moi nous prenons un coup de jus dès qu'on y touche. Mon père ne veut pas nous croire et cette histoire dure depuis au moins trente ans puisque je pense avoir toujours connu ce grille pain. Mon père dresse mieux les grille-pains que les chiens et chats, c'est tout ce que j'en conclue. Donc j'ai un nouveau grille-pain. Il n'est pas neuf je l'ai eu chez Emmaüs. 8 €, il est beau, tout en inox, les flancs bien larges. J'ai regardé si il n'y avait pas une souris morte à l'intérieur puisque c'est arrivé chez des amis d'avoir une souris morte dans le grille-pain. Ils n'osent pas imaginer combien de temps elle y est restée. Quel mort pour une souris...

J'ai encore trouvé des livres chez Emmaüs, à 50 cents pièces je ne m'interroge pas trop. Et puis j'aime bien redonner une nouvelle vie aux livres abandonnés. Je vous dresse la liste:

Aragon, les cloches de Bâle: Aragon, je ne connais que certains de ses poèmes, les yeux d'Elsa surtout:

"Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire

J'ai vu tous les soleils y venir se mirer

S'y jeter à mourir tous les désespérés

Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire"

J'ai rêvé et je rêve encore qu'on m'écrive quelque chose d'aussi beau.

- JMG Le Clezio, étoile errante: je n'ai pas lu depuis mon adolescence des Le Clezio. Faut que je m'y remette, il est prix nobel tout de même.

- Umberto Eco: Le pendule de Foucault: celui-ci on me l'a conseillé mais je crois que je vais avoir du mal à rentrer dedans. Une intuition.

- Benoite et Flora Groult, Le féminin pluriel: j'admire beaucoup Benoite Groult. On leur doit tant à ses femmes qui se sont battues pour nos droits.

- Bouche cousue de Mazarine Pingeot: je l'ai déjà lu un après-midi chez une amie. J'ai trouvé ce livre émouvant, vraiment touchant.

- Paul Claudel, Partage du midi: c'est juste parce que Phil Amant a joué dans cette pièce. Ce livre appartenait à une certaine Marie-Odile qui l'avait eu le 3 mai 1967. Je me demande bien ce qu'est devenu Marie-Odile. Peut-être qu'un jour elle a été voir la pièce avec Phil Amant dedans. Il y jouait nu parait-il. Ce qui fait que certaines de mes copines ont vu Phil Amant nu avant moi.

- Jim Harrison, légendes d'automne. Je l'ai emprunté à la bibliothèque il y'a longtemps et puis j'aime cet auteur.

- Herbjorg Wassmo, Voyages. J'avais lu une trilogie de lui que j'avais trouvé très belle et très triste.

- Edith Wharton, les beaux mariages: Edith Wharton un dimanche froid et solitaire avec du thé chaud c'est déjà une promesse de bonheur tout doux.

 

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27 décembre 2008

Breves

Hier je suis allée faire quelques courses au supermarché du coin. Au moment de payer je ne trouvais pas ma carte dans mon sac. Je trouvais des coquillages, des livres, la carte que Janeczka m'a envoyée, du sucre enveloppé dans des sachets, de vieux billets de train mais pas de carte. Normal, je la cherchais et les objets sont suffisamment malicieux pour se cacher quand on les cherche. Je n'aime pas faire attendre les gens, du coup je cherchais fébrilement dans mon sac. J'ai commencé à entendre des réflexions dans la file d'attente plutôt modeste d'ailleurs. J'ai levé la tête, une dame très bien mise, le brushing impeccable, les vêtements sans un faux pli était en train de dire: "Comment ça doit être chez elle!". Elle a vu que je la regardais et s'est exclamé: "Oui je parle de vous", méprisante... J'ai plongé de nouveau dans mon sac m'excusant. Le type juste derrière moi me traite de "cas soc". Je le regarde: "non bordélique, ça suffira". "C'est bon maintenant, vous laissez vos affaires et vous partez". Je m'énerve: "C'est bon, y'a pas mort d'homme et puis vous me stressez là". Il continue "Vous nous faites ch..." . " Oh c'est bon connard, ça suffit". Je n'ai même pas le temps de regretter ce que je viens de dire qu'il enchaine: " Va te faire enc.....". Je suis écœurée: " Oui mais juste après avoir retrouvé ma carte" . il interpelle la caissière: " Vous avez vu elle m'a insulté de connard". La caissière lui dit qu'elle va appeler la sécurité s'il continue. "Elle m'a insulté de connard" . Je lui réponds: " traité de connard, insulté de connard ça ne se dit pas." " Va te faire enc...., ça c'est français?""Oui Monsieur mais vulgaire et hors sujet"
Entre temps j'avais retrouvé ma carte et payé. Je suis sortie les larmes aux yeux. La caissière est restée charmante avec moi. Je l'ai remerciée. Le tout n'a duré que 5 minutes, une éternité pour certains a priori.
En repartant je suis allée à la librairie. J'était à peu près certaine de ne pas recroiser ce type dans une librairie. Il n'y avait malheureusement pas grand chose. Je suis retournée chercher ma Pierre précieuse et nous sommes allés à la grande ville chez le bouquiniste pour acheter BD et livres. Tout à l'heure chez Emmaüs nous avons trouvé des livres aussi à 50 centimes pièce.
Voici mes lectures des prochains jours:
- Lucia Extebarria: Aime moi, por favor
- Jim Harrison: un bon jour pour mourir
- Jim Harrison: En route vers l'ouest
- Willima Burroughs: la machine molle
- Alejo Carpentier: guerre du temps et autres nouvelles
- PG Wodehouse: toujours prêt Jeeves

Oui parce que je vous ai raconté tout ça pour vous donner la liste de mes prochaines lectures. Depuis j'ai mis un peu d'ordre dans mon sac, mais pas d'eau dans le verre de vin que je me suis servie en écrivant ce billet.



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24 septembre 2008

Rangement?

Faut que j'agisse. Retrouver un livre parmi la fratras que constitue mes bibliothèques devient un combat. Je m'étais bien promis de les ranger soigneusement en déménageant mais les ranger comment? Par ordre alphabétique? Par éditeur? Par taille? Un peu des trois?  Je n'ai pas envie de cet ordre. Je ne sais même pas combien j'en ai... 400, 500 ? Peut-être plus, je ne sais plus. Je ne suis pas encore habituée au nouveau non ordre de mes livres. Avant, même pas rangés, je savais où était tel ou tel livre malgré quelques exceptions. Le déménagement m'a toutefois permis de retrouver des oubliés, de doux endormis cachés derrière de moins timides. Quand je les range après les avoir lus, j'essaye simplement de les mettre par affinité. J'aime bien imaginer Neruda discuter avec Colette ou même Jane Austen avec Bukowski.
Tout à l'heure je recherchais une nouvelle que je me souviens avoir lue y'a longtemps déjà, le hic c'est que je ne suis même plus certaine de l'auteur. J'hésite entre Garcia Marquez et Isabel Allende. J'ai retourné nombre de livres, maintenant faut que je les épluche et je ne suis même pas sur d'avoir tout retrouvé. Je ne sais plus si je l'ai lue en français ou en espagnol.
C'est vrai que je vais y prendre du plaisir à feuilleter ces livres pour la retrouver cette nouvelle, je vais sans doute me perdre, m'arrêter sur d'autres histoires, me noyer dans les mots. C'était peut-être mon dernier billet.

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05 septembre 2008

Points de vue

Version 1

Il pleut, il fait froid comme à chaque fois que je ne travaille pas. Les thés que je me fais depuis ce matin me poussent à me lever toutes les dix minutes pour aller aux toilettes plus qu'ils ne me réchauffent. Il pleut, il fait froid et dire qu'on nous a fait miroiter l'été indien... Epuisée par une nouvelle nuit sans sommeil, je lutte en vain pour ne pas m'endormir sur le canapé. L'humidité transperce mes os. Qui a parlé du bon air de la mer? Il pleut, il fait froid et je suis obligée de rester terrée à l'intérieur.

Version 2

Il pleut, il fait froid, vite un thé qui me réchauffera. Je pose mes mains sur la fonte de la théière. C'est bon. Il pleut, il fait froid, je vais me réfugier sur le canapé, un livre dans les mains et tant pis si je m'endors quelques minutes. Il pleut, il fait froid, il fait sombre, je peux allumer la lampe fleur, dernière création de l'amoureux. Elle dessine une étoile au plafond. Il pleut, il fait froid, j'irai voir la mer sous la pluie tout à l'heure. Elle est si belle aussi sous la pluie.

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18 août 2008

Pêle mêle

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Ne m'oubliez pas semble dire Capucine.

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Le coin bureau, avec la lampe de l'amoureux (c'est lui qui les crée). Le fil qui pendouille n'a rien à voir avec la lampe mais avec le fil d'antenne. Les lampes sur le bureau sont elles crées par une amie. Voilà j'aime les créateurs de luminaires!



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C'est le plus souvent assise ici que j'écris.


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Thé ou café?

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Quelques livres, disques...



C'était juste quelques photos pêle-mêle de la nouvelle maison. Là je file à la mer.



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29 juillet 2008

J'ai encore craqué

J'avoue tout, j'ai encore craqué...

Voici quelques semaines, je vous avouais piteusement avoir sombré dans la société de consommation par l'achat frénétique de livres et bien j'ai replongé pendant mes vacances.

Pour moi le mot vacances rime avec lecture, il en a toujours été ainsi. Vous pourriez me laisser sur une chaise longue à l'ombre d'un bel arbre avec une pile de livres, pour peu qu'on m'alimente et qu'on m'abreuve, je pourrais ne pas bouger plusieurs semaines.
Dans ce lieu de villégiature, plusieurs librairies très bien fournies (une libraire aussi dixit l'amoureux) et voilà. J'ai eu beau me dire de ne pas céder à l'appel des mots, des titres enchanteurs, il suffit d'un jour de pluie pour que toutes mes résolutions s'évanouissent. J'y allais une fois puis j'allais à l'autre librairie puisque l'amoureux y était passé après avoir vu en vitrine un livre de photographies qui lui plaisait, l'avait réservé parce qu'il n'avait pas de sous sur lui et puis m'avait avoué que la libraire étant fort jolie. Et oui je n'hésitais pas à simuler la jalousie pour pouvoir l'accompagner à la librairie et laisser libre court à mon vice. Et pour finir, je retournais aussi à l'autre librairie, un nom d'auteur me revenant subitement en tête.
Et me voici avec du Borges, du W. Burroughs et du Bukowski (tiens que des B, je n'avais pas remarqué) au pied de mon lit. Quelle jubilation qu'une tour de livre penchant dangereusement.

Je ne vais quand même pas m'inscrire aux lecteurs anonymes?

Le pire de tout : je me suis aussi achetée 2 robes à Paris.

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Posté par blairaudes à 15:21 - Bréves de vie de comptoir - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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