Mots dits

Partager les mots pour oublier mes maux...

09 novembre 2009

D'un ballon à l'autre

L'autre jour sur la plage j'ai vu ce ballon

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et il m'a rappelé cet autre ballon

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Photo tiré du film "Le Ballon Rouge", 1956

C'est dans le grenier que j'avais trouvé le livre "Le Ballon rouge" tiré du film du même nom. Je ne sais pas combien de fois j'ai pu le regarder ce livre. Il avait été au père de mes frères, s'était retrouvé dans notre grenier je ne sais pas comment. J'ai grandi, l'ai donné à mon neveu parce que c'était le livre de son grand-père. Ca m'avait bien un peu déchiré le cœur de m'en séparer même si j'étais déjà bien grande. Et puis ce ballon bleu sur la plage, à moitié dégonflé qui se soulevait péniblement, blessé qu'il était m'a donné envie de relire ce livre. Magie d'internet, j'ai cherché et je me suis procurée le film que je n'avais jamais vu. Un petit moment de poésie que j'ai d'abord regardée seule, puis avec l'amoureux hier. En lui montrant, j'ai eu peur que ce film ne lui plaise pas. J'aurais été si déçue. Il a été ému le Phil Amant, très ému même devant la poésie du ballon rouge et j'en ai été fort heureuse.

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17 octobre 2009

Y'a les folles requêtes puis les autres...

Y'a les folles requêtes là, puis les requêtes particulières:

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09 juin 2009

Trois petits plaisirs

Si Amélie Poulain aime briser la croûte d'une crème brûlée avec la pointe de la petite cuillère, faire des ricochets sur le canal Saint Martin et plonger la main dans un sac de grains, nous avons tous et toutes des petits plaisirs qui n'appartiennent qu'à nous et nous redonnent du baume au coeur.

Quels sont, comme Amélie, les trois petits plaisirs qui vous redonnent le baume au coeur?

C'est un tag que m'envoie Charl' et son jardin secret.

Un de mes petits plaisirs préférés c'est glisser ma main le long de la nuque de Phil Amant, du bas vers le haut jusqu'à toucher ses cheveux. Puis s'il est assis, j'y enfouis ma tête et clos la caresse d'un baiser au creux de son cou.

Un deuxième petit plaisir: un verre de vin rouge avec un morceau de parmesan au soleil en guise d'apéro,

M'éveiller au chant des oiseaux.


Vous voyez, je ne suis pas une fille compliquée. Je laisse le tag à ceux qui l'aiment.

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05 mai 2009

Belle Moustache Portrait 1

Sa moustache ressemble à son chien: entretenue, altière, élégante, frétillante et joyeuse. Car Belle Moustache a la moustache joyeuse sous son apparente austérité. Si j'étais bonne caricaturiste, je le réprésenterais juste avec sa moustache comme deux jambes et les yeux au dessus, le tout tiendrait le petit fox léger et frémissant.
Belle Moustache est chercheur en milieu marin. Il a fait sa thèse sur les anémones de mer mais maintenant il étudie deux espèces rares de nos côtes: les audes de mer et les natachas de mer. On les croyait disparues mais elles reviennent parait-il. Il les étudie en milieu naturel mais de loin. Ils ne veut pas les effaroucher et ne souhaite pas perturber leur écosystème en les approchant de trop près. Il a fait des trous à son journal (aux pages économie, les trous, ce sujet ne l'intéresse vraiment pas.) pour les observer en douce. Même si elles ne se ressemblent pas, les audes de mer et les natachas de mer font bon ménage. Elles ont les mêmes prédateurs, ou presque. Elles ont un régime alimentaire assez semblable même si l'aude de mer semble donner assez facilement de son entrecôte à la natacha de mer, elle donne moins facilement son verre de rouge. En milieu naturel dit "dubardugolf", elles consomment café le matin et un verre de blanc généralement le vendredi soir. Pourquoi le vendredi soir? Belle Moustache pense qu'il est sur le point de trouver. Il tient son chien en laisse, il ne voudrait pas qu'il effarouche ces étranges créatures. Belle Moustache n'a pas encore trouvé où dormaient les audes de mer et les natacha de mer. Avec son appareil, il les photographie discrètement. Il s'énerve parfois: un autre chercheur appelé Phil Amant semble avoir une longueur d'avance, surtout avec la aude de mer. Il semble l'avoir bien apprivoisée. Faudrait pas qu'il lui chipe le Nobel.

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28 mars 2009

Désherbages pour que viennent les pensées.

Pelotonnée sur une chaise longue, il fait moins mauvais que ce qu'ils avaient dit. Le jardin sent la mer aujourd'hui, tout dépend du vent. A propose de vent... je me suis réveillée avec cette phrase dans la tête: "qui s'aime au vent...". Il me faudrait la compléter. Pas envie de récolter la tempête. Et quand bien même, qui s'aime au vent récolte la tempête. Et quand bien m'aime, et combien m'aiment? Est revenu le temps des marguerites à effeuiller. Je me demande si mon grand-père quand il voyait des marguerites pensait à effeuiller sa Marguerite-épouse? J'espère. A défaut d'effeuiller un Phil Amant absent, je devrais effeuiller les marguerites. Passionnément m'annonce la mignonne. Ça me va.
Mais qui envoie un bourdon voler au-dessus de ma tête. Pourquoi pas un cafard à mes pieds aussi?

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23 janvier 2009

Rencontre 7

Il a emmené les enfants chez les parents de Bébé qui sont absents. Je vais découvrir une maison qui aime le soleil, perdue dans les champs, avec un jardin merveilleux où s’égarent les silhouettes sculptées par les mains délicates et facétieuses du père de Bébé. La chaleur d’agréable est devenue étouffante. J’adore. J’aime la moiteur de l’air qui alanguit les corps, attise les désirs, attire l’interdit. C’est dans l'atelier parmi les sculptures qu’il m’embrassera. De retour dans le jardin, il s’amuse à nous photographier. Je ne sais pas s’il espère apercevoir le reflet de nos baisers sur les photos. Je n’aime pas être photographiée. Nous avons joué avec l’eau. Je suis trempée. Nous devons repartir à une fête chez des amis. Je prends des vêtements secs dans ma voiture. Je sens la brûlure tendre de ses yeux glisser le long de mon corps quand je me change.  Il nous rejoindra un peu plus tard. Je prétexte l’absurde pour retourner dans la cuisine et lui dérober sa bouche encore une fois. Bébé est dans la voiture avec moi. Je remplis le temps de mots légers et fantaisistes qui tourbillonnent  autour de nous pour éviter ses mots à elle, ses mots perspicaces qui me dévoileraient. Je sais qu’elle ne nous jugera pas mais je ne veux pas encore en parler. Je pense à l'autre femme restée à Paris.

Il nous rejoindra plus tard. Il s’assied près de moi. Nos mains remplacent nos yeux. Je le sens nerveux, je le suis sans doute plus. Je ne sais plus très bien si je veux encore. Je pourrais me laisser rattraper par la réalité mais je le laisse faire. Il manque un verre, nous partageons le notre. Personne ne semble trouver cela surprenant.  Ses mots à table trahissent sa nervosité. Je le trouve émouvant. La soirée est de plus en plus orageuse. Les verres se vident, le soleil s’éteint, les mains s’égarent, les rires s’envolent, les désirs s’allument. " Il manque un lit, enfin non pas si vous le partagez », propose Fred l’amoureuse. Je monte dans la chambre la première pendant qu’il s’occupe de son fils. Il me retrouve recroquevillée sur le lit. La lumière laissée allumée dehors éclaire délicatement la chambre. «  Je peux dormir sur la canapé si tu veux », propose-t-il. Je lui fais non de la tête. Tout parait simple maintenant. C’est l’évidence de ses mains sur moi, des miennes sur lui. C’est le souffle de sa bouche qui réchauffe mon âme. Ce sont ses yeux plongés dans les miens, profonds et doux. Deux égarés qui se sont trouvés pour se perdre ensemble.

Le tonnerre gronde au loin. Ma tête repose contre lui quand les premières gouttes tombent. J’hume l’odeur de la terre qui monte et qui se mélange à l’odeur de nos corps repus. Je m’endormirai apaisée.

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21 janvier 2009

Rencontre 6

Juillet 2006


À notre retour de vacances, nous passons une journée chez Bébé. Les enfants se retrouvent heureux. « FPhil Amant doit passer », m’indique-t-elle. Je revois, songeuse, ce dimanche embrumé. Son arrivée prochaine me trouble comme un délice. La porte s’ouvre, des yeux se rencontrent et se racontent. Plus besoin de mots. Une main se pose, délicate et avide, sur une épaule quand ses lèvres rejoignent ma joue. Les yeux ne se quittent plus de la soirée, unis avant nos corps. Ces yeux là, j’en goûterai toutes les apparences, j’en connaitrai toutes les nuances. J’apprendrai leur douceur, je toucherai leur chaleur, j’aimerai leur langueur. Des yeux tour à tour graves et amoureux, tristes et anxieux, noirs ou soyeux, gris et pluvieux, des yeux profonds et généreux. Ces yeux là, je les verrai m’observer le jour et la nuit, j’y apercevrai mon reflet qui luit. Ce soir là nos corps crevaient de se rencontrer. Ils devront attendre.Nous nous revoyons ici demain. Ses yeux me poursuivent jusque dans ma voiture, ils hanteront ma nuit.

Le lendemain nous retrouve fiévreux. Une délicieuse sérénité me laisse patiente. L’histoire est déjà écrite. Nous ne nous échapperons pas. Il est déjà trop tard. La soirée s’achève sur la plage. C’est la fin juillet, quand les jours ne sont déjà plus si longs, quand la nuit arrive plus vite laissant les corps affamés se nourrir de l’autre. Il s’assied près de moi sur le sable tiédi. Il n’y a que de rares promeneurs. Il va rejoindre Bébé qui se baigne. J’observe sa longue silhouette. Il revient près de moi. C’est si évident.

Plus tard en nous quittant, ses lèvres borderont les miennes, son corps accrochera le mien.

Je ne trouverai pas le sommeil. J’avais oublié cette sensation. Je le revois demain. Il a gardé mon fils avec lui. Ma tête fourmille d’émotions, de mots. C’est le meilleur moment quand les cœurs battent à l’unisson, que les corps sont encore désunis, quand tous les rêves sont encore permis.

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20 janvier 2009

Rencontre 5

14 mai 2006

 

Un dimanche, un ciel qui pleure, des verres qui se vident, des regards qui se croisent… Des enfants qui se baignent sous la pluie douce. C’est la langueur suave d’un dimanche au bord de  mer où le goût amer du lundi commence à piquer. Je regarde en coin Phil Amant assis près de moi. Je le trouve beau. Il a une nana à Paris m'a révélé Bébé avant qu’il n’arrive. Il n’en parle pas. Cet homme je l’ai déjà croisé il y a quelques années, juste croisé. «  Ce sont des amis de mon père, lui et sa femme », m’avait dit Bébé à l’époque. Leur fils avait le même âge que le mien et celui de Bébé. Depuis il s’était séparé de sa femme. Il était retourné vivre à Paris. Et puis il y avait cette femme là-bas loin des vagues qui nous caressent. Il prend son téléphone. Je crois qu’il l’appelle mais c’est l’autre qu’il appelle, la mère de son fils. Je ne l’ai jamais vue. Je l’imagine très brune, grande, mince et très sure d’elle, je l’ai toujours imaginée ainsi. Plus tard, je la découvrirai petite et menue, le visage émacié, belle, émouvante et infiniment fragile. Il prend son appareil photo et photographie son fils. Nous écoutons, un peu gênés mais amusés les trois garçons comparer la taille de leur sexe. Nous ne parlons pas ou si peu. Je ne sais jamais quoi dire aux inconnus et encore moins à un  inconnu qui me plait.  Il est des instants où les silences sont les plus beaux des mots. Ils révèlent une émotion imprévue, un trouble ténu, un silence en attendant les mots qui glisseront comme des baisers, comme des mains sur un corps adoré. Ce sera demain, ou dans quelques mois. Laissons le temps. Je l’oublierai peut-être.

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19 janvier 2009

Rencontre 4

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Centre Pompidou, 2004

Une évasion à Paris avec la Pierre précieuse: les monuments, les rues, les musées...
La Pierre précieuse a 8 ans, il est encore un peu hermétique à l'art moderne et tombe en arrêt devant une photographie de Man Ray "fesses". Il ricane comme un môme qu'il est. J'attends qu'il ait épuisé tout le potentiel comique de Man Ray. Je me retourne et reconnais le Phil Amant. A ce moment, un gardien exaspéré par les ricanements de la Pierre précieuse, s'approche de moi et me demande de faire cesser les rires trop bruyants de mon enfant. Je ne sais pas trop quoi répondre. Phil Amant intervient:
- Mais que voulez-vous qu'elle y fesse, euh qu'elle y fasse?

J'éclate de rire, soupçonne le lapsus de ne pas en être un, plutôt un donné pour un rendu. Le gardien hausse les épaules. Phil Amant disparait, il est pressé: " A bientôt".

Note aux lecteurs: Fin improbable, Phil Amant n'est jamais pressé!

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18 janvier 2009

Rencontre 3

Janvier 2001, chez Bébé.

La Pierre précieuse est invitée à l'anniversaire de Togo, son premier copain de maternelle qui a changé d'école depuis. Bébé, la maman de Togo est devenue mon amie. A cette époque, j'en suis à environ ma 37 ème séparation d'avec futur ex mais ce n'est pas encore la bonne, juste un entrainement.

Bébé énumère les enfants invités: " (...) et puis y'a A, c'est le fils d'amis de mes parents en fait. Ils sont comédiens tous les deux. Elle, elle chante en plus. Elle est vraiment extraordinaire sur scène, une nana incroyable. Leur fils, en revanche, est un peu pénible. Enfin, je crois qu'ils sont en train de se séparer en ce moment. Du coup, je garde souvent A pour qu'ils fassent le point."

A ce moment, j'aurais du me dire: "Tiens, un futur célibataire. C'est toujours une piste à explorer mais je me suis dit: ami de parent = certainement trop vieux pour moi, puis une future ex femme extraordinaire, chanteuse et comédienne = je ne lui arrive pas à la cheville, même pas au plus petit de ses orteils"

Et voilà Phil Amant est arrivé, l'air un peu torturé. Je ne valais guère mieux. Il m'a paru très grand, très impressionnant et aussi très incapable de la moindre autorité sur son fils.

Le lendemain, dialogue avec la Pierre précieuse:
- C'était bien l'anniversaire de Togo?
- Oui mais sauf ce garçon A. Il n'arrête pas d'embêter tous les enfants.

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